Premier constat : le marché français du PU est estimé à 326 000 tonnes en 2011 pour un gisement à collecter d'environ 210000 tonnes. Cela comprend notamment l'ameublement et la literie (93 000 t), l'automobile (70 000 t) et l'électroménager (11 000 t). Si le gisement est là, les techniques de recyclage sont balbutiantes. Deux possibilités existent : le recyclage chimique (via la glycolyse, l'hydrolyse, l'aminolyse et les procédés thermochimiques) produit des matières réincorporables mais beaucoup trop chères, comparées aux matières vierges (3 euros/kg); le recyclage mécanique (par agglomération, broyage, pulvérisation, moulage par compression, et pression adhésive) peut remettre sur le marché des produits accessibles mais de qualité moindre. À ce jour, selon l'Ademe, les débouchés actuels, estimés à 3 000 tonnes, ne permettent pas d'écouler le gisement. Certes, les mousses collectées ne sont pas toutes au rendez-vous. Mais si les efforts de traitement portent leurs fruits, en particulier pour la filière DEA, il va bien falloir trouver des exutoires de valorisation, respectueux de l'environnement (sinon ce serait un non-sens) et au mieux sans perte financière. Dans son étude, l'Ademe montre qu'en France, les déchets polyuréthane représentent 9 % des déchets plastiques et 0,07 % de la totalité des déchets. Malgré ce faible volume, une solution au recyclage et à la valorisation de ces déchets aidera à réduire les quantités partant en incinération ou en stockage. Le choix des procédés dépend de la qualité du produit obtenu et du coût mis en œuvre pour y parvenir. Après étude des procédés existants en France et en Europe, la valorisation par procédés thermochimiques serait plus avantageuse que l'incinération sur le plan économique et environnemental et pourrait bénéficier aux déchets PU mélangés qui ne peuvent pas être recyclés par voie chimique ou mécanique. Par ailleurs, l'agglomération semble être un mode de traitement mature, mais à optimiser pour améliorer la qualité et le nombre de débouchés. Autre piste à creuser, la pression adhésive également mature, n'existe pas en France actuellement. Pourtant, ce procédé est bien adapté au recyclage des mousses rigides issues des appareils électroménagers. L'Ademe suggère le développement d'un pilote de recyclage de PU issu de l'électroménager en boucle ouverte. En aval, la question porte sur la nature des débouchés. D'ores et déjà, l'étude écarte en général la construction, l'électroménager, et les chaussures. En revanche on pourrait (et c'est déjà le cas) retrouver du PU recyclé dans la literie, les rembourrés et les sièges ainsi que dans les revêtements de sols. Le recyclage du PU est, pour l'agence, nécessaire. Il implique d'importants investissements ainsi que des aides publiques. En se projetant en 2016, l'Ademe considère que le développement des débouchés va diminuer l'importation de matières premières. Et espère d'ici à trois ans assister au recyclage de près de 80 000 tonnes de déchets de PU, dont la moitié vers de nouvelles applications.