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« Réutiliser, c'est comprendre »

LA RÉDACTION, LE 9 SEPTEMBRE 2014
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RR : Vous semblez surpris qu'Amorce vous ait invité ? Alain Richard : Oui, car nous ne nous positionnons ni comme une sommité en matière de réemploi ni comme des spécialistes doctrinaires. Nous pensons simplement que ces notions, comme d'autres, doivent être intégrées dans le quotidien de chacun et donc, pour prendre le contrepoint de mon étonnement, ce n'est peut-être pas plus mal que des non-spécialistes doctrinaires s'expriment aussi sur le réemploi. RR : Quelles réalisations y avez-vous présenté ? A.R. : Trois réalisations pour lesquelles nous avons réemployé des matières ou des matériels selon les circonstances. Dans la banlieue liégeoise, l'Atelier s'est vu confier la transformation de bâtiments industriels et commerciaux utilisés jusque-là par Belgacom, l'opérateur téléphonique national, en un petit centre culturel. Nous nous sommes aperçus que toute une série d'équipements techniques de très bonne qualité y avait été mise en œuvre, ainsi que des menuiseries haut de gamme d'un point de vue technique. Il nous a semblé indécent de les évacuer pour les remplacer par d'autres, peut-être de qualité moindre au vu des budgets disponibles, d'autant que la commune travaillait sur fonds propres, sans subventions. Les cahiers des charges fournis aux prestataires ont donc prévu le démontage et la mise en dépôt aux fins de réemploi de radiateurs en acier de 2 mètres de haut ou d'huisseries en très bon état, mais aussi la réutilisation d'une chaufferie flambant neuve. D'habitude, la méthode Beaux-Arts consiste à fabriquer la salle d'apparat, puis les dépendances. Là, pendant tout le projet, nous avons construit autour de la chaufferie et conçu çà et là l'architecture en fonction de l'existant… en faisant baisser le coût général de 4 à 5 %. RR : Cela a-t-il été pour vous un argument important ? A.R.: On ne peut plus dépenser de l'argent à refaire du neuf et du look : tout ce qui est bon, nous essayons de le garder. Ça se verra ? Tant mieux ! Puis, on rajoute intelligemment, on fait des trous où il faut pour que l'espace soit différent, plus convivial, plus pédagogique. Pour la rénovation complète d'un bâtiment scolaire semi-préfabriqué à Braine-l'Alleud (20 kilomètres de Bruxelles), nous avons soigneusement étudié la structure et ses composants. Réutiliser, c'est souvent bien comprendre et bien observer. Nous avons remporté le concours en proposant de garder le bâtiment. Le détruire, cela voulait dire investir dans son démantèlement, gérer les déchets valorisables et non valorisables et assainir le site. En réutilisant le bâtiment in situ, tout cela était évité. S'ajoute, en plus, une économie sur la structure d'environ 300 euros le mètre carré. Nous avons réinstallé 95 % des cloisons d'origine. En observant précisément leurs systèmes de fixation et d'assemblage, nous avons pu décrire avec précision les possibilités de démontage et de remise en œuvre pour le cloisonnement dicté par le nouveau programme. Nous voulions qu'au bout du compte, le réemploi se voie. Autre exemple de réemploi, des habillages intérieurs de colonnes de l'ossature étaient constitués de lattes en tôle d'acier. Considéré seul, chaque profilé, d'à peine 30 centimètres de largeur, semblait insignifiant et chacun s'attendait à les évacuer. Regroupé en un tas, l'ensemble nous a donné l'envie d'en faire quelque chose. Et nous avons trouvé : le bardage des rez-de-chaussée, là où il faut résister aux chocs des jeux dans les cours de récré et les entrées. Ces tôles témoignent de notre volonté d'user du réemploi, c'est intéressant que les lycéens sachent que leur athénée a été reconstruit de cette façon-là. RR : C'est une façon de faire de la pédagogie ? A.R. : Oui. Je trouve ça bien que l'économie ne soit pas toujours cette course en avant avec la croissance au bout du compte. C'est symbolique qu'une société publique démolisse des sites pour en faire d'autres, que la décroissance d'un côté fasse la croissance d'un autre. C'est le cas dans le dernier exemple que j'ai présenté à Lyon. Il s'agissait d'implanter une pépinière d'entreprises, pour l'Intercommunale de développement économique liégeois, dans un quartier défavorisé en cours de requalification. À la demande de construire un bâtiment résistant au petit vandalisme ambiant, nous avons souhaité répondre sans agressivité, en nous disant qu'un homme en armure inspire la violence, et éviter l'enceinte ou la casemate. Nous avons d'abord pensé à une enceinte de gabions [cages en fils métalliques tressés et électrosoudés remplies de pierres, ndlr], mais cela nous semblait trop tendance. Il s'est avéré que le maître d'ouvrage démolissait des sites désaffectés à quelques kilomètres. Alors, l'idée de récupérer les gravats d'un bâtiment pour en construire un neuf a germé dans nos esprits. Avec un entrepreneur enthousiaste fabriquant des murs préfabriqués, nous avons mis au point une technique de versement de morceaux de brique récupérés avant passage au crible sur le chantier de démolition, réagrégés au mortier de ciment et moulés en blocs (200 x 50 cm). Simplement empilés, ils forment une enceinte qui protège un bâtiment léger, en bois et verre, plus agréable à vivre.


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