Sur le port d'Anvers, le bâtiment principal de l'usine de recyclage par tri optique High 5 (expression signifiant « victoire » et « encouragement » en anglais) Recycling group se distingue par sa hauteur. Acquise en 2009 par Sita Belgique en partenariat avec le producteur de minéraux Sibelco Green Solutions, c'est la première usine au monde capable de trier le flux entrant selon quatre teintes distinctes : vert, blanc, ambre et feuille morte. Pour traiter le verre issu des déchets ménagers, Sita et Sibelco ont réaménagé une ancienne usine de recyclage du verre plat, dans laquelle s'activent, depuis février dernier, « une cascade de machines à tri optique », selon la description des partenaires. À l'intérieur, le verre est trié manuellement, puis selon les fractions à extraire : les métaux ferreux sont aimantés, les non-ferreux et matières plus légères sont aspirés ou soufflés. Après les opérations classiques de criblage et de broyage pour obtenir une dimension optimale, les bris de verre colorés, encore mélangés à ce stade, sont séchés pour « améliorer la visibilité des caméras des machines », résume Christian Deltenre, directeur général du site. Puis le verre prétraité passe par l'étape du tri optique.
Mais le processus technologique de la vingtaine de machines de la marque Mogensen ne sera pas détaillé. « C'est un assemblage de technologies innovantes », insistent les partenaires. Équipées de caméras pilotées par informatique, les machines séparent le verre en quatre couleurs, dont la feuille morte, un nouveau produit obtenu en éliminant la couleur verte à forte teneur en chrome. Capables d'extraire les résidus ultimes, les machines produisent « un calcin libéré des matières non conformes dans l'industrie verrière », explique Mathieu Berthoud, COO Sita Benelux-Allemagne.
Cette technologie nécessite une surveillance accrue, trois écrans de contrôle fonctionnant jour et nuit. En cas d'arrêt, les espaces de stockage sur le site, d'une superficie de 22 000 m², ne suffisent pas à assurer l'accueil des 1 000 tonnes de verre brut traitées par jour. Mais la proximité avec une usine de minéraux Sibelco « permet une certaine flexibilité », précise Christian Deltenre.
Accès direct à l'estuaire
Outre la voie routière, le verre est acheminé par voie fluviale grâce à un accès direct à l'estuaire de l'Escaut. « C'est notre deuxième atout majeur, nous bénéficions d'une localisation fantastique », souligne Mathieu Berthoud. Environ un bateau par semaine accoste sur le quai. « Le verre peut venir de Grande-Bretagne et repartir vers les Pays-Bas sans contraintes », poursuit-il. Le bateau du jour, d'une capacité de 600 tonnes, prend cette direction. « C'est un petit bateau aujourd'hui. Certains ont une capacité de 3 000 à 4 000 tonnes », ajoute Christian Deltenre. « Notre autre grande force, c'est notre volonté permanente d'innover. Grâce à notre avancée technologique, High 5 produit l'équivalent de deux ou trois usines classiques », se réjouit-il. Une industrie à 12 millions d'euros d'investissements pour une production annuelle estimée à 250 000 tonnes : « Le calcul est simple : 50 tonnes par l'heure, vingt heures par jour, cinq jours sur sept », énonce Christian Deltenre. À ce rythme, Sita et Sibelco traiteront annuellement le verre pour 8 millions de personnes, l'équivalent de 30 kg par an par habitant, soit la quasi-totalité de la production belge. « Et une augmentation du volume est tout à fait possible », conclut-il. Un partenariat à 50/50 à l'avenir tout tracé.