Débusquer les impacts environnementaux cachés, comme l'énergie dite grise nécessaire à la fabrication des matériaux utilisés. C'est le principal mérite du recours à l'analyse du cycle de vie (ACV) dans un projet de construction qu'expérimentent depuis deux ans dix maîtres d'ouvrage publics et privés menés par le pôle de ressources Ekopolis, l'Ademe Île-de-France et l'Institut français pour la performance énergétique du bâtiment (Ifpeb). « Seuls trois projets ont déjà été modifiés à la suite d'un arbitrage ACV », précise le directeur de l'Ifpeb, Cédric Borel, qui regrette que ces changements se résument à un choix de matériaux, sans revenir aux besoins fonctionnels de départ. En utilisant une méthode ramenant les différents impacts (énergie, déchets…) à une même unité, « l'équivalent-personne », l'assistant à maîtrise d'ouvrage Amoes a ainsi réduit de 15 % la « note ACV » d'un bâtiment multifonctionnel à Saint-Denis (93) construit par Bouygues pour Séquano Aménagement. « Nous avons opté pour un béton bas-carbone pour les voiles et pour une dalle alvéolaire plutôt que coulée en place », illustre Olivier Davidau, responsable du pôle AMO du bureau d'études. Ekopolis cherche encore cinq projets candidats pour la deuxième phase de l'expérimentation, mais deux conclusions s'imposent déjà : un important besoin de formation des maîtres d'œuvre et la nécessité de construire, à l'image du label BBC, un dispositif de reconnaissance des efforts fournis. « Pourquoi pas BFI, pour bâtiment à faible impact ? », propose Cédric Borel.