Le congrès sur le recyclage des DEEE témoigne d'un changement d'ère. Plus que jamais, l'innovation et des traitements compétitifs sont les défis à relever par cette industrie. La Commission européenne annonce que le gisement de DEEE va passer de 10 à 12 millions de t/an d'ici à 2020. Pour un représentant d'Aurubis, l'un des acteurs majeurs du recyclage du cuivre en Europe, l'activité a connu une période faste pendant les dix dernières années. Pas seulement en termes de volumes collectés. Les prix des métaux revendus ont atteint également des sommets. Il y a deux ans, les prix ont décliné et aujourd'hui les cours des métaux non ferreux et métaux précieux sont revenus à des niveaux observés il y a quatre ou cinq ans. À cela s'ajoute une baisse de la valeur globale des DEEE collectés. Cela fait déjà quelques années que les quantités de cuivre et de métaux précieux dans les ordinateurs et autres appareils électroniques ne cessent de se réduire comme peau de chagrin. Ainsi, la composition métallique a chuté de 50 % en l'espace de deux générations d'appareils. Dans le même temps, les coûts de collecte, de traitement et de recyclage ont augmenté. L'an dernier, plusieurs entreprises de recyclage ont enregistré des pertes importantes ou suspendu leur activité. Pour enrayer cette dégradation, certains industriels en appellent à un recyclage plus sérieux et respectueux qui doit s'appliquer dans tous les pays, y compris dans les pays émergents. Autre cible, la collecte doit être renforcée. Encore trop de disparités sont enregistrées entre États membres. Pour des raisons économiques et environnementales, les fabricants commercialisent des produits plus légers, contenant moins de métaux précieux et à durée de vie plus longue. Sauront-ils franchir une autre étape, celle d'intégrer demain plus de matière recyclée ?