Dans le Landerneau du recyclage, les spécialistes des plastiques broient du noir. Les signes avant-coureurs apparus au mois décembre se confirment . Le prix du baril s'affiche sous la barre des 50 $. Si les producteurs de résines n'ont pas réagi tout de suite (volontairement ou pas) en répercutant cette baisse, aujourd'hui, c'est chose faite. Le marché du recyclage assiste, impuissant, à un renversement de tendance où le plastique recyclé n'a plus aucun atout commercial face à des résines vierges bon marché. Dans ce cas, les beaux discours industriels de produire plus vert en intégrant de la matière recyclée explosent en vol. « Nous sommes obligés de baisser nos prix de vente, mais nous avons des limites en dessous desquelles notre activité n'est plus rentable, déplore un recycleur. Seuls les grands groupes et les entreprises solides économiquement pourront faire face. » Sur le PET, c'est la catastrophe avec du vierge de l'ordre de 900 euros la tonne, affirme Albert Azoubel, président de Federec Plastiques ; d'autant que l'industrie du recyclage est en surcapacité sur ce grade. Actuellement, les consommateurs de rPET n'hésitent plus à basculer sur du vierge. En Allemagne par exemple deux usines de recyclage de PET ont mis la clé sous la porte. Sur d'autres grades comme le PEhd, le marché français est convoité par des recycleurs allemands qui font régénérer dans les pays de l'Est, où les coûts de traitement sont encore abordables. Au grand export, c'est un peu l'expectative. La Chine fête son nouvel an, mais devrait revenir aux achats d'ici à quelques semaines. Sur fond d'économie européenne morose, les acheteurs chinois feront comme tout le monde : ils paieront moins cher leurs balles de plastiques à recycler. En résumé, le premier semestre ne s'annonce guère brillant. C.M.