En 2015, on veut savoir où vont les marchés et quel avenir se dessine pour certains secteurs industriels. En témoigne la tenue, à quelques jours d'intervalle, de deux conférences : « Vers un nouveau cycle pétrolier ? » (Gep-Aftp*) et « Quelles ressources basées sur quels approvisionnements ? » (MPE-Media et PlasticsEurope) portant sur l'évolution du prix du pétrole et l'impact sur les polymères. À première vue, on serait tenté de saluer cette baisse, favorable à la consommation des ménages et des industriels, mais cette tendance, qui se stabilise autour de 60 dollars, indique en réalité un fort déséquilibre entre une demande en recul et une production de matières fossiles (pétrole, gaz, huile de schiste) en augmentation dans le monde (1,5 million de barils rien qu'aux États-Unis en 2014). Selon le Gep, les pays producteurs redistribuent les cartes, et l'Arabie saoudite n'aurait pas joué son rôle d'ajusteur pour enrayer cette chute entamée l'été dernier. À tort ou à raison, les avis sont partagés et les raisons de ce laisser-faire agitent la sphère des experts mondiaux. À l'échelle de la transformation des polymères, cette chute entraîne un fléchissement des cours de l'éthylène et une baisse de compétitivité (à vérifier dans le temps) de matières alternatives aux résines vierges fossiles (comme les matières plastiques recyclées et les matières agro-sourcées). L'impact ne s'est pas fait attendre. Une première victime est à déplorer en Allemagne : la fermeture pure et simple de PKR fin 2014. Au Brésil, des projets de production de polymères bio-sourcés à partir de biomasse ont été stoppés. Le PET est l'une des résines les plus exposées, en raison des surcapacités de production. Concernant le PET, face à une collecte de bouteilles toujours stagnante (50 % du gisement en France environ), les recycleurs veulent maintenir leurs volumes d'activité en soutenant leur prix d'achat avec, pour conséquence directe, une réduction significative de leurs marges.