Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
TERRITOIRES

l’alerte Orange vire au rouge à Saint-Denis

LA RÉDACTION, LE 18 FÉVRIER 2007
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
Ce n’est pas le carnaval à Saint-Denis et pourtant, depuis plusieurs semaines, la ville s’est parée d’orange : peintures au sol, tissus accrochés aux fenêtres, sacs plastique couleur clémentine noués sur le mobilier urbain… Les banderoles « halloweenesques » pendues aux balcons annoncent finalement la couleur : « Nos enfants ne sont pas des cobayes !!! Non aux antennes relais.» Les Dyonisiens ne sont en effet pas à la fête, notamment ceux du quartier des Ursulines et de la rue Emile-Connoy, qui mènent depuis plus d’un an une guérilla urbaine dans le 9-3, une révolte pas incendiaire mais judiciaire et colorée contre les opérateurs de téléphonie mobile. L’ « Alerte Orange », du nom de leur action, a été donnée pour la première fois un soir de décembre 2005 lorsqu’un riverain qui promenait son chien découvre sur la façade d’un immeuble bientôt vide de France Telecom, au 19 de la rue des Ursulines, une autorisation de travaux pour une antenne-relais UMTS (soit le haut débit des téléphones mobiles). Il existe déjà plus de soixante antennes classiques sur la commune et celle-ci de nouvelle génération se situera juste en surplomb d’un vaste groupe scolaire privé de 2700 élèves, qui avait déjà refusé toute antenne sur son toit, par principe de précaution. Pour les riverains, il est urgent de prévenir les parents d’élèves. La démarche d’installation d’une antenne-relais à côté d’une école est jugée sournoise et peu rassurante. D’autant plus qu’ils ont entendu parler d’une charte de bonne conduite des opérateurs pour l’implantation des antennes-relais sur la commune riveraine de Paris. « Et la banlieue, elle n’a pas le droit à la même bonne conduite ? » Les riverains se mobilisent : aidés par l’association Saint-Denis environnement et des parents d’élèves, ils interpellent le maire de Saint-Denis, Didier Paillard et son prédécesseur Patrick Braouzec, actuel président de l’intercommunalité Plaine Commune, qui avaient laissé faire jusque là. La Courneuve, Pierrefitte, Stains, Aubervilliers et l’Ile-Saint-Denis sont alertés. Michel Bourgain, maire Vert de l’Ile-Saint-Denis et vice-président de Plaine Commune chargé de l’environnement, devient leur porte-parole. Ils découvrent qu’il y a en fait trois projets d’antennes UMTS en cours sur Saint-Denis : Orange aux Ursulines, Bouygues rue Emile Connoy et un autre de SFR. Le conflit s’amplifie et se généralise. Les arrêtés municipaux succèdent aux suspensions d’autorisation : les maires du département réclament une charte calquée sur le modèle parisien avant toute nouvelle implantation de ces antennes nouvelle génération. Ils souhaitent que les émissions des champs électromagnétiques soient limitées. La réplique des trois opérateurs est immédiate : recours, recours et encore des recours demandant l’annulation de tous les arrêtés. Pour l’instant, les opérateurs marquent des points : après le Conseil d’État, le tribunal administratif de Cergy a donné raison à Orange le 4 janvier dernier : l’opérateur a contesté la compétence d’un maire sur les questions de télécommunications, et mis en avant une étude de l’OMS de mai 2006 que « rien n'indique qu'il y a danger à vivre à proximité d'antennes relais ». Pour Michel Bourgain « rien n'indique non plus de façon certaine dans ces études qu'il n'y a pas danger ». Ce principe de précaution n’a pas été retenu par le juge qui permet à Orange d’installer son antenne au-dessus de l’école sans attendre de charte. Tous les autres arrêtés municipaux devraient aussi être annulés par la justice. A Saint-Denis, la mobilisation ne se relâche pas pour autant : les décorations orange fleurissent dans le centre ville, ne se cantonnant plus aux seules rues concernées. Des actions de plus grande ampleur sont même programmées. Les trois opérateurs ont finalement accepté le 31 janvier dernier de rencontrer Michel Bourgain en dehors des tribunaux. Ils se disent prêts à accepter une charte … mais une version « super light » : sans aucun seuil maximal d’émissions, sans périmètre de sécurité autour des établissements dits « particuliers » comme les écoles (les opérateurs ne veulent surtout pas entendre parler d’établissements « sensibles », terme imposant le questionnement : sensible à quoi ?). Ils souhaitent uniquement transmettre à la mairie et aux associations une cartographie des antennes en place et des futures installations. Les habitants de la banlieue devraient-ils accepter une charte au rabais ? Cette différence de traitement des citoyens par les opérateurs cache un plus gros malaise : ils se mordent certainement encore les doigts d’avoir signé une telle charte avec Bertrand Delanoë. Ils pensaient faire de la charte de Paris une exception, ils en ont fait une référence. Rien ne semble pouvoir arrêter les Dyonisiens informés et motivés : la pétition contre les installations circule bien, les médias s’en mêlent. Sur le plan juridique, cela avance aussi : le tribunal vient de suivre le commissaire du gouvernement qui demandait le 18 janvier dernier un non-lieu pour Saint-Denis Environnement et l'association des parents d'élèves, poursuivis par Orange et Bouygues pour avoir déposé des recours contre les autorisations délivrées aux opérateurs par la mairie de Saint-Denis. D’après des membres d’associations proches du dossier, une faille aurait aussi été mise à jour dans le dossier des opérateurs : certains papiers requis pour les demandes d’autorisation de travaux seraient manquants (comme les mandats des propriétaires), ce qui les rendraient caduques. Les nouvelles antennes-relais vont certainement encore devoir attendre avant d’émettre. L’alerte Orange a bien fonctionné à Saint-Denis. Une nouvelle révolution Orange est en marche en banlieue : elle pourrait bien gagner tout le territoire.Michaël Pronier Cliquez ici pour écrire à la rédaction d’Environnement-online.


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
RISF : Suez achève un chantier clé au sud de l’Île-de-France
RISF : Suez achève un chantier clé au sud de l’Île-de-France
Yves Pucheral, de Water Connect : « Une fontaine urbaine doit être accessible à tous, sans exception »
Yves Pucheral, de Water Connect : « Une fontaine urbaine doit être accessible à tous, sans exception »
Nantes Université ouvre un portail pour relier chercheurs, entreprises et collectivités face aux défis climatiques
Nantes Université ouvre un portail pour relier chercheurs, entreprises et collectivités face aux défis climatiques
EPR2 de Penly : au Tréport, une aire de camping-cars filtre et dépollue l’eau pluviale
EPR2 de Penly : au Tréport, une aire de camping-cars filtre et dépollue l’eau pluviale
TOUS LES ARTICLES TERRITOIRES
Les plus lus