Il y a bruit et bruit. Bruit entendu à la source, comme sur un chantier, et bruit ambiant, comme celui qui remonte depuis l'avenue de Ségur jusqu'au bureau de Pascal Valentin, chef de la mission Bruit au ministère de l'Écologie. C'est par cette petite pièce affichant une soixantaine de décibels au sonomètre, égayée par un unique poster du plan d'exposition au bruit (PEB) de Roissy punaisé au mur blanc, que transiteront l'ensemble des « cartes stratégiques de bruit », que la France doit transmettre à Bruxelles avant la fin du mois. Les agglomérations de plus de 250 000 habitants avaient jusqu'au 30 juin dernier pour élaborer et rendre publics ces documents modélisant l'intensité des nuisances sonores sur leur territoire. L'État devait faire de même pour les grandes infrastructures routières et ferroviaires. Chacun devant ensuite bâtir sur ces bases des « plans de prévention du bruit dans l'environnement » (PPBE), que l'administration nomme plus simplement « plans d'action ». À l'heure où nous mettions sous presse, impossible de connaître le nombre exact de cartes achevées. Mais une chose est sûre : à part quelques bons élèves (Paris, la Seine-Saint-Denis, le Grand Lyon), les 27 agglomérations concernées, tout comme les services ministériels, sont en retard ! Et, comme souvent dans ces cas-là, les collectivités et l'État s'en rejettent la responsabilité. Le bureau parisien de Pascal Valentin n'a, quoi qu'il en soit, pas fini de voir défiler des cartes. Le 30 juin 2012, les premières devront avoir été mises à jour, tandis que les agglomérations de plus de 100 000 habitants devront avoir rendu les leurs.