Le fonctionnement et les orientations prises par FNE, qui s'appuie sur une organisation pyramidale, mettent désormais nettement en avant l'ancrage local qui lui permet de mener des actions de fond au niveau national. "La valeur ajoutée démocratique de ce type de gouvernance et le travail que celle-ci permet d'effectuer en prise sur les territoires ont été favorablement reconnus dans son allocution d'ouverture par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Moriset", rapporte Sébastien Genest, président de FNE. "Elle nous a rassurés plus globalement sur le critère de représentativité des associations dans les grands débats en cours ou à venir. Celles-ci ont désormais une place rudement acquise qu'il s'agit toujours de défendre dans un contexte d'urgence écologique", ajoute-t-il.
Lors d'un débat consacré aux dynamiques territoriales, plusieurs participants à la table ronde finale du Grenelle de l'environnement, tels que Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) ou Didier Jouve, vice-président de la région Rhône-Alpes et président de la commission développement durable à l'Association des régions de France (ARF), ont souligné la responsabilité des élus territoriaux en matière de protection de l'environnement et d'aménagement de "territoires plus robustes et autonomes", selon l'expression de FNE.
Des outils permettant de refonder l'aménagement dans une perspective de développement durable ont aussi été présentés. Patrick Viveret, magistrat à la Cour des Comptes et président de l'Observatoire de la décision publique, a par exemple insisté sur l'importance, pour les autorités locales, de se réapproprier des projets monétaires complémentaires porteurs de valeurs sociales, solidaires et responsables. Son intervention a plus précisément porté sur le projet Sol qu'il a lui-même impulsé. Actuellement expérimenté par cinq régions pilotes (Ile-de-France, Bretagne, Nord-Pas-de-Calais, Rhône-Alpes, Alsace), la carte et la monnaie Sol intègrent un système d'échanges de biens et de services qui se veulent en cohérence avec les valeurs propres au développement durable et comportent un levier pouvant être directement actionné par les collectivités en faveur de l'action sociale.
"Au final, la présence de nombreux élus et ministres a été un signe très positif pour l'avenir du dialogue entre associations et territoires", estime-t-on à FNE, qui a profité de ce Congrès pour fêter son 40e anniversaire. La fédération se veut toutefois vigilante. "Même s'il a rappelé l'intérêt du projet de triplement des surfaces de cultures bio et l'impératif pour le secteur agricole d'économiser de l'énergie, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, nous a quelque peu inquiétés en ne faisant aucunement mention lors de son intervention aux agro-carburants ni surtout aux OGM, alors même que le projet de loi passe le 1er avril devant l'Assemblée nationale."Morgan Boëdec pour Environnement-online.Le site de la FNE