Journal des Communes : La flambée de l'immobilier se poursuit en Ile-de-France. En parallèle, le déficit de logements reste patent, et l'objectif de 53 000 logements par an n'est pas tenu ... A qui la faute ?
Michel Teulet : C'est une responsabilité collective. L'objectif est ambitieux compte tenu du parcours du combattant des maires pour développer de nouveaux logements. Les habitants de la commune sont souvent les premiers à se montrer réticents à l'arrivée de logements sociaux. Un grand nombre de projets mettent aussi plusieurs années à voir le jour du fait des actions menées par des associations. Enfin lorsque des projets arrivent à terme, l'opposition accuse alors souvent les maires en place de vouloir « bétonner la ville », un argument électoral fort dont les maires se passeraient bien.
JDC : Quelles sont les solutions pour répondre au déficit de logements ?
M.T. : A l'occasion de ces douzièmes Assises de l'AMIF, l'atelier « Logement social » sera essentiellement tourné vers l'examen de cinq points importants. D'abord, quelles solutions peut-on proposer pour améliorer la maîtrise du foncier ? Nous nous interrogerons pour savoir si les maires ont les « moyens techniques » pour mener à bien les projets. Nous essayerons de déterminer comment fonctionne la gouvernance dans ce domaine. Nous examinerons les problèmes de financement liés à la construction sociale. Enfin, nous tenterons de savoir s'il y a une véritable volonté d'aboutir, au-delà des paroles et des discours des uns et des autres. Nous savons que 80% des Français souhaitent vivre dans un habitat individuel. Pourtant le projet de SDRIF parle de « surdensification ». Il y a là une contradiction qu'il faudra résoudre.
JDC : Le droit opposable au logement constitue-t-il une vraie réponse au logement ?
M.T. : Cette idée n'est pas nouvelle, on la proposait déjà il y a vigt-cinq ans. L'inconvénient de cette loi est qu'elle est de la responsabilité de l'Etat, mais c'est évidemment dans les mairies que les contestations se tiendront. L'idée n'est pas mauvaise, mais les bases ne sont pas clairement définies. Aujourd'hui, le logement est une denrée rare, les familles décomposées étant de plus en plus nombreuses, le nombre de demandes est en progression constante. Comment décider des priorités à donner pour l'accession d'un logement ?
JDC : Quels moyens pourraient être mis en oeuvre pour aider les communes à se mettre en conformité au niveau des quotas de logements sociaux ?
M.T. : Les communes dont le nombre de logements sociaux est très faible, de l'ordre de 2%, doivent subir plus de pression pour rattraper leur retard. L'article 55 de la Loi SRU est intéressant, mais cette loi est, selon moi, un peu trop couperet. Un quota sur les nouvelles constructions de logements me paraîtrait mieux approprié.