Le vote du projet de loi « Grenelle 1 » signe-t-il l'entrée définitive de notre pays dans une nouvelle ère, celle de la prise de conscience réelle et d'une mise en application concrète de principes éco-responsables ? Il semble bien que la réponse soit affirmative. Pour autant, une petite question taraude les élus : les moyens financiers alloués par l'Etat seront-ils à la hauteur de ces nobles ambitions ?
Parallèlement au projet de loi, le Ministère de l'Ecologie a publié une étude d'impact des 268 mesures inscrites dans le texte et le montant est imposant : 440 milliards d'euros d'investissement d'ici à 2020, dont un cinquième devrait être à la charge de l'Etat. Et pour le reste ? Du côté du Ministère, la réponse se résume en deux mots : « effet levier ». Qu'est-ce à dire ? « Quand l'Etat mettra un euro, il y en aura environ quatre dépensés par les collectivités territoriales, les ménages, le secteur privé... »
Autre chiffre révélé par cette étude, et autre effet levier, les décisions votées par les parlementaires, dans le cadre du « Grenelle 1 », devraient être à l'origine de la création de plus de 500 000 emplois, notamment dans le bâtiment (235 000), les énergies renouvelables (220 000) et les transports (80 000). Les résultats seront-ils au rendez-vous ? C'est en tout cas ce que sera chargé d'examiner le Comité de suivi des engagements du Grenelle institutionnalisé par la loi. Aux cinq collèges présents depuis le début du processus (ONG, entreprises, élus, syndicats, administration) viendront s'ajouter les associations familiales et celles des consommateurs.
Croisons les doigts pour que les effets de la crise financière ne ralentissent pas le bon déroulement de la feuille de route fixée par la loi.