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TERRITOIRES

Citoyens, l'Etat a besoin de vous !

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2008
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Ce nouveau dispositif poursuit en effet un double but. Le premier étant « de mobiliser et regrouper les personnes qui veulent exprimer leur citoyenneté de manière active au bénéfice de la collectivité, aux côtés du service public de la police nationale » et le second de « renforcer le lien entre la nation et sa police en confiant aux citoyens volontaires des missions de prévention, de communication, de médiation sociale et de solidarité ». Tout un programme, que l'on aurait aussi bien pu résumer en « Citoyens, l'Etat a besoin de vous ! », le tout étant présenté sur le site du Ministère de l'Intérieur à côté d'un écusson digne des « US Marshall » supportant en gros l'inscription « Citoyen Volontaire », que l'intéressé est autorisé à porter pour l'exercice de ses missions ... Il n'en faudrait certainement pas plus pour que le citoyen lambda, tout comme le ressortissant de l'Union européenne qui peux lui aussi accéder à cette mesure, s'imagine bientôt pouvoir déambuler dans les rues afin d'y faire régner, tels un Steve Mc Queen contractuel, l'ordre et la justice aux côtés des forces de l'ordre ! Un champ d'intervention assez flou Tel n'est pourtant pas le cas puisqu'en réalité, les missions du Citoyen Volontaire seront « la médiation, les relations avec la population, la sensibilisation à la loi et à la bonne conduite... » ainsi que « l'accueil et le suivi des victimes, la prévention, la médiation et l'explication de la loi dans le cadre des structures scolaires ». Bien qu'il soit clairement précisé dans la brochure d'information (disponible sur le site) que l'activité est différente de celle des policiers, des intervenants sociaux et des psychologues en commissariat, le champ dans lequel doivent évoluer les volontaires civils reste relativement flou, et surtout dangereusement proche de ce qui existe déjà dans le domaine associatif en matière de soutien aux victimes, ou de ce qui devrait, normalement, demeurer du domaine purement régalien, comme recueillir les doléances ou les attentes des habitants et aider à l'accueil du public, notamment pour toutes les opérations administratives dont la sécurité publique est habituellement chargée... Enfin, on se demande en quoi, les membres du Service Volontaire Citoyen pourraient, tel que cela est prévu, « concourir à la réalisation "d'enquêtes qualité" dans les commissariats » ? Si de telles enquêtes sont nécessaires, et elles le sont, il faut confier cela à des sociétés professionnelles et non pas à quelques personnes plus ou moins qualifiées pour cela et surtout qui ne disposeront certainement pas des moyens nécessaires à une tache d'une telle ampleur... Précisons au passage qu'il existe au sein même de la police nationale, à l'inspection générale des services, des cabinets d'audit chargés de ce type de mission. Voilà qui conduit à se demander ce qui a présidé à la création d'une telle mesure ? S'agissait il en effet réellement de permettre aux citoyens qui le désirent d'apporter leur soutien, de façon officielle, à la vie de la cité ou de pallier à un manque de fonctionnaires et en particulier de policiers qui, mobilisés sur le terrain, ne peuvent consacrer le temps nécessaire à la prévention et la police dite administrative... N'y a-t-il pas un risque à créer ainsi un nouveau réseau ou une nouvelle structure qui viendra compliquer un peu plus l'écheveau des intervenants sociaux et des associations déjà présentes sur le terrain ? Car si à l'étranger de tels dispositifs sont déjà en place, ce n'est que dans quelques états membres de l'Union européenne qui disposent d'une organisation administrative bien spécifique, comme la Grande-Bretagne ou l'Irlande. De même, ce dispositif ne me semble pas réellement comparable à celui des pompiers volontaires de la sécurité civile, qui interviennent, eux, dans un cadre particulièrement bien défini. Au final, en relevant malgré tout qu'il s'agit toujours d'une bonne idée quand on tente de faire participer les citoyens à la vie et l'organisation de la société française, pourquoi avoir rattaché ce service au seul Ministère de l'Intérieur, lui accolant ainsi l'étiquette « policière » plutôt qu'à un niveau plus général en visant alors une palette bien plus large de missions que celles dévolues au seul Ministère de l'Intérieur ? Voici peut être une piste à creuser pour l'évolution de ce dispositif...


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