Neufs parcs nationaux sur 7,6 % du territoire. Quarante-cinq parcs naturels régionaux sur 13 %. Et un parc naturel marin qui couvre 3 550 km2 de zone marine. « La protection et le droit de la nature français sont des domaines dynamiques, en constante amélioration », affirme Carole Martinez, chargée de programme espaces naturels au Comité français de l'UICN. Entre la protection « éco-centrée » des débuts et une approche plus intégrée, Carole Martinez ne voit pas un changement fondamental dans les objectifs, mais « un dispositif des espaces protégés qui s'est peaufiné ».
Le premier parc national naît en Vanoise, en juillet 1963. Il est créé sous l'égide du ministère de l'Agriculture, sur la base de la loi du 22 juillet 1960. Trois autres suivront, puis quatre sous l'égide du ministère de l'Environnement. « Dès le début, les parcs nationaux français ont présenté une originalité par rapport à leurs congénères européens. Ils ont une double spatialisation : une zone coeur, qui répond à un objectif de protection forte, et une zone périphérique (devenue zone d'adhésion en 2006) qui vise à faire du parc un outil d'aménagement et de développement du territoire », détaille Carole Martinez. Un autre outil aborde la protection de la nature à travers une approche d'aménagement et de développement du territoire. Ce sont les parcs naturels régionaux, institués par le décret du 1er mars 1967. Les Régions jouent un rôle essentiel dans leur création et leur gestion. Ils possèdent une charte, soumise à l'adhésion volontaire des communes, qui doit être renouvelée tous les dix ans. « C'est donc un engagement moral, sans régime contraignant », précise Vincent Piveteau, directeur de cabinet du secrétaire d'État à l'Aménagement du territoire, soulignant ici la différence entre les parcs nationaux, qui réglementent, et les parcs naturels régionaux, qui fixent des objectifs.
Le parc national s'est avéré peu adapté à des territoires habités. Pourtant, sur un territoire par définition inhabité comme la mer d'Iroise, en dépit de quelques îles, il s'est mué en parc naturel marin, un outil créé par la loi du 14 avril 2006. « Une structure ad hoc pour répondre aux particularités juridiques et humaines d'un espace marin », apprécie Thierry Canteri, son directeur. « Il n'impose pas de réglementation, mais fixe des objectifs définis par un conseil de gestion constitué majoritairement de représentants locaux », explique Laurent Germain, à l'Agence des aires marines protégées.
Le texte de 2006 adapte par ailleurs les règles du parc national. En lui donnant une charte, il intègre dans un même outil le coeur, soumis à la réglementation de l'établissement public, et l'aire d'adhésion, pour les communes qui le souhaitent, gérée avec les collectivités locales. Ainsi, en 2007, sont nés les parcs nationaux de Guyane et de la Réunion. La création d'un futur parc national - en partie marin - dans les Calanques, est prévue pour fin 2010. Et cette dynamique devrait se poursuivre, si l'on en croit l'objectif du gouvernement de protéger 10 % des eaux françaises d'ici à 2012.