POUR
Didier Gonzales
Président des élus riverains d'Orly
« L'amendement adopté dans le projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion constitue pour les élus riverains d'Orly un moyen de lutter contre la paupérisation de leur territoire. D'une part, il permet d'échapper au doublement de la surface du plan d'exposition au bruit (PEB) qu'induisait une nouvelle norme européenne. Or s'il n'y a pas de débat sur les zones A et B du PEB, les plus exposées aux nuisances sonores, l'extension de la zone C posait un problème majeur. En effet, l'interdiction d'augmenter la densité de la population fige le territoire et son développement. Le PEB signifie aujourd'hui perte de population et baisse de la valeur du patrimoine. D'autre part, l'amendement permet sur la zone C actuelle, qui est maintenue, de mener des opérations de renouvellement urbain avec accord préfectoral. Ce texte a été rédigé spécialement pour Orly, construit en zone fortement urbanisée. En limitant son application aux seuls aéroports plafonnés en mouvements aériens, il répond aux besoins particuliers de ce site, sans risque de contagion. »
CONTRE
Patricia Lemoyne de Forges
Présidente de l'Acnusa
« L'idée de soumettre de nouvelles populations au bruit est choquante, alors que les plans d'exposition au bruit ont été conçus justement pour les protéger. Même si l'amendement est taillé sur mesure pour Orly, attention à la contagion ! L'association Ville Aéroport demande déjà expressément son extension aux aéroports non plafonnés. Le texte prévoit des dérogations pour permettre le renouvellement urbain, mais ne précise pas les limites admissibles d'augmentation de population. D'autre part, il est regrettable qu'il ne fasse peser aucune contrainte d'isolation supplémentaire sur ces opérations ponctuelles, car ces nouveaux riverains ne pourront pas bénéficier des aides issues de la taxe sur les nuisances sonores aériennes, strictement réservées aux populations installées.»