Quelque 800 000 tonnes de CO2 épargnées d'ici à 2012 et rémunérées probablement entre 8 et 12 euros. Les efforts des producteurs de luzerne déshydratée vont pouvoir être récompensés. Cette profession devrait être la première à voir son « projet domestique » validé par les pouvoirs publics et financé par la Caisse des dépôts, à la suite de l'appel à projets clôturé en décembre dernier. Lancé il y a quatre ans, ce dispositif consiste à transposer sur le territoire national des mécanismes de projets du protocole de Kyoto. Et ce afin de valoriser des projets de réduction d'émissions d'installations non soumises à quotas et qui n'auraient pas pu se réaliser sans la rémunération du CO2 épargné. « Nous évaluons à 14 euros le montant investi par tonne de CO2 évitée », confirme Denis Le Chatelier, chargé de mission à Coop de France déshydratation. À lui seul, le passage du charbon à la biomasse pour alimenter les fours de déshydratation de la luzerne de 19 usines va éviter l'émission de 500 000 t de CO2 d'ici à 2012, soit « le quart des projets » pilotés par la Caisse des dépôts. Les 300 000 t supplémentaires proviennent notamment du séchage à plat de la luzerne après récolte, dans les champs. Interrogé sur le coût de l'énergie, Denis Le Chatelier pointe un surcoût de 40 % par rapport au charbon, mais surtout « un pouvoir calorifique deux fois inférieur ». Le projet n'aurait donc pu se faire sans valorisation du CO2.