C'est une certitude, mais cela va mieux en le disant : la demande continue d'augmentation des débits, l'accès au très haut débit et le développement de la mobilité nécessitent une mutation technologique des réseaux qui va s'étendre sur plusieurs années. De nombreuses collectivités se sont déjà impliquées pour étendre l'accès et l'usage à Internet, à la téléphonie mobile, au haut débit. Face à ces nouveaux enjeux, elles sont prêtes à agir pour l'aménagement de leurs territoires, dans un cadre national adapté et concerté, assorti d'un mécanisme de solidarité nationale. Elles l'ont d'ailleurs exprimé à travers une plate-forme commune (Association des Maires de France, Assemblée des Départements de France, Association des Régions de France, Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l'Audiovisuel) intitulée « Internet rapide pour tous. Pour le haut débit mobile et le très haut débit accessibles dans tous les territoires ».
Des moyens pour l'ensemble du territoire
Un an plus tard, ces associations ont encore précisé leurs objectifs et les moyens pour les atteindre dans un nouveau texte : « Dix ans pour généraliser le très haut débit ». En effet, l'AMF, l'ADF, l'ARF et l'AVICCA estiment nécessaires une couverture en fibre optique de l'essentiel du territoire dans un horizon inférieur à dix ans. « Cela est possible, cela est nécessaire. Des études ont montré que cet objectif pouvait être atteint à condition de mettre en oeuvre des mesures appropriées », affirment-elles. Elles indiques même ce qu'elles nomment les « conditions de la réussite », à savoir :
Un fonds de péréquation en faveur des territoires les moins denses. Ce fonds serait alimenté par les opérateurs et les consommateurs de communications électroniques, le très haut débit généralisé leur bénéficiera en retour.
Dans un cadre national ambitieux, l'émergence de schémas directeurs de niveau régional ou départemental favoriserait la concertation entre les collectivités, et permettrait d'organiser une péréquation territoriale et la cohérence des initiatives.
L'utilisation sans délais du « dividende numérique » pour les territoires qui ne seront pas fibrés rapidement.
Des mesures financières adaptées pour faire baisser les taux d'emprunt et agir sur le long terme,
« Les élus du XIXe et du XXe siècle ont su apporter l'électricité et l'eau à tous, en se rassemblant et en trouvant des mécanismes financiers nationaux capable d'atténuer les disparités territoriales, concluent-elles. Il faut que les élus du XXIe siècle soient à la hauteur de ce nouveau défi, en apportant les moyens de communication les plus performants sur l'ensemble du territoire. »