Une femme, sept hommes et huit chevaux... la brigade équestre de Bordeaux, créée en 1987, fait désormais partie du paysage et plus aucun passant, sauf peut-être quelques touristes, ne s'étonne de la croiser sur les quais ou dans les parcs. « Un policier à cheval, par la présence de l'animal désamorce beaucoup de conflits », explique Nicolas Andreotti, directeur de la Police municipale de Bordeaux (Bordeaux magazine - juillet-août 2009). Pionnière en la matière, Bordeaux n'est pas la seule commune à avoir opté pour cette « police montée ». À Blagnac (31), Meaux (77), Bois (41), Lys-Lez-Lannoy (59)... les brigades équestres se multiplient en France et l'on en dénombre aujourd'hui une bonne trentaine.
Destinées à assurer la tranquillité publique, les brigades équestres ont pour mission de sécuriser les habitants de la commune par une présence à la fois active et dissuasive s'appuyant avant tout sur la prévention et la médiation. Cela n'exclut bien sûr en rien l'application répressive lorsque celle-ci s'avère nécessaire.
En effet, les cavaliers, par leur position haute, ont l'avantage d'avoir un champ de vision plus étendu qu'un policier en voiture ou à pied. De plus, ils peuvent aller là où une voiture ne le peut pas : broussailles, routes impraticables, espaces boisés, parcs... Enfin, ils peuvent patrouiller en toute sécurité dans les espaces publics fréquentés par les piétons, ce qui n'est pas le cas des motos par exemple.
Pas cher et écologique !
À Bordeaux, la brigade équestre présente d'autres avantages non négligeables : « Elle n'est pas chère à entretenir puisque le coût total d'entretien des huit chevaux et de tout leur matériel est de 30 000 euros par an. D'autre part, elle ne pollue pas et les chevaux produisent même d'excellents engrais naturels ! » Dans la commune, les interventions des policiers à cheval concernent les infractions de toutes natures : « pêche interdite, chien non tenu en laisse ou non muselés, ébats sexuels dans des lieux publics, bivouac ou feux prohibés, circulation de deux-roues là où ils n'ont rien à faire... » Les cavaliers bordelais, avant de passer les examens de policiers municipaux, ont pour la plupart eu une carrière professionnelle où l'équitation avait une place prépondérante. Certains sont en effet issus de la Garde républicaine, d'autres ont été apprentis jockeys, tous conjuguent désormais leur passion et un métier au service de la population.
Créée en 1990, la brigade équestre de la Police municipale de Fréjus (83) assure à l'année une surveillance quotidienne du littoral et des espaces naturels remarquables de la commune, tels les Étangs de Villepey et la Base Nature. Équipés de jumelles, de radios et visibles de loin, ces cavaliers ont, avant tout, un rôle préventif et dissuasif. Ils assurent, avec efficacité, la sécurité, font respecter les réglementations et signalent d'éventuels départs de feu.
L'unité de Bois-le-Roi (77), qui a vu le jour en 2001, a pour mission d'assurer la sécurisation de la base de loisirs (73 hectares) et de patrouiller sur les zones de la forêt de Fontainebleau dépendant de la police d'État. Dans le cadre de sa mission de sécurisation sur la base de loisirs, les policiers à cheval interviennent notamment contre la présence de chiens dangereux, d'engins à moteur sur le site et contre les comportements perturbants. Ils luttent également contre les vols dans les véhicules et l'échange de produits stupéfiants. Les missions en forêt de Fontainebleau sont identiques, mais la brigade veille également au respect des prescriptions du droit de l'environnement, comme, par exemple, les dépôts sauvages d'ordures.