Depuis début septembre, le conseil général du Rhône expérimente le transport à la demande (TAD) zonal dans quatre secteurs : Monsols, Lamure-sur-Azergues, le Bois-d'Oingt et les monts du Lyonnais. Sur ces territoires très ruraux, les usagers peuvent réserver par téléphone un véhicule qui vient les chercher à leur domicile pour les conduire vers des points prédéfinis. Le relais téléphonique et la coordination sont confiés à Keolis Lyon (un opérateur de transports en commun) et les trajets sont assurés par des transporteurs ou des taxis. L'usager paye 2 euros une course qui coûte en moyenne près de dix fois plus au Département. L'horaire est libre, du lundi au samedi, sauf les jours fériés, de 7 à 20 heures. Les quelque 90 points de dépose sont des lieux centraux ou des points de liaison vers des lignes régulières de cars ou des gares SNCF, à l'intérieur ou en dehors de chaque secteur.
« Le rabattement vers les autres modes de transport s'inscrit dans une politique globale du Rhône pour favoriser l'intermodalité, explique Cédric Vidal, chargé du service transports au conseil général. Dans le même esprit, nous avons déjà mis en place avec la Région les navettes OùRa, qui proposent des correspondances avec les TER. Il faut miser sur la complémentarité plutôt que sur la concurrence entre réseaux. » La notion de rabattement est capitale dans ce département où il existe un fort décalage entre l'agglomération très bien desservie et des territoires à la marge des réseaux.
L'expérimentation vise aussi à remplacer le TAD par lignes virtuelles qui existe toujours dans le département (encore 34 lignes sur 58 auparavant). Dans ce système, les lignes de bus préétablies ne sont activées, tout ou en partie, que sur réservation de l'usager. Dans certains cantons, comme les quatre de l'expérimentation, la fréquentation se limitait à deux déclenchements de ligne par mois. « C'était trop contraignant pour les seniors les plus isolés », relève Karine Jugé, secrétaire générale de la communauté de communes du Haut-Beaujolais (canton de Monsols). « Les horaires fixes compliquaient les correspondances, ajoute Benoît Castille, chargé de mission transports au Syndicat intercommunal des monts du Lyonnais ( Simali). Or, dans nos territoires où la voiture est majoritaire, il est capital d'améliorer la desserte tout en développant une alternative à l'automobile. D'ailleurs, nous soutenons aussi le covoiturage ou l'auto-stop participatif. »
En un mois de fonctionnement, le nouveau TAD zonal enregistre déjà mille réservations (pour 55 000 habitants). Essentielle, cette fréquentation conditionne l'un des défis majeurs du service : le taux de groupage, c'est-à-dire le nombre de personnes par course. Il s'élève à 1,22 en septembre, pour une moyenne nationale de 1,5 et un objectif, plus pertinent écologiquement, de 2 personnes par course. « Nous devons concilier qualité de service pour l'usager, équilibre budgétaire et plus-value environnementale. » Le dispositif a un an pour faire ses preuves.