Développeur de centrale photovoltaïque, voilà un métier pour lequel aucune formation spéciale n'existe... « Le plus souvent, il s'agit d'ingénieurs généralistes formés sur le tas », avance Waël Elamine, chargé de la filière photovoltaïque et thermique du Syndicat des énergies renouvelables. Pour Fabrice Juquois, président fondateur de Photeïs, jeune structure de quatre personnes installée à Aix-en-Provence (13), le développeur idéal est un ingénieur spécialisé en énergétique, en environnement, en électricité ou dans le bâtiment avec un diplôme de gestion financière en poche, « par exemple un MBA ».
Chez lui, chaque développeur gère, en chef d'orchestre, toute l'organisation relative à la mise en oeuvre d'une centrale photovoltaïque. « Il coordonne les études d'impact, de faisabilité technique, mais aussi le montage financier de l'opération », illustre Fabrice Juquois. Des tâches variées qui nécessitent des connaissances à la fois techniques, économiques et juridiques, mais pas seulement. « Ce métier, c'est avant tout 50 % de relationnel », affirme Fabrice Juquois. Un avis que partage Michaël Grezes, en charge de l'activité développement de projets de parcs photovoltaïques au sol de Juwi ENR : « Le développeur doit être capable de convaincre les élus et de fédérer tous les acteurs concernés par le projet ». Car l'essence même du métier réside dans la capacité à obtenir toutes les autorisations nécessaires à l'implantation et à la mise en service de la centrale : permis de construire, raccordement au réseau, autorisation d'exploiter...
Capable de s'exprimer avec aisance en public, un développeur mène son projet en concertation avec l'ensemble des acteurs. Il doit avant tout garder à l'esprit que le soutien de la collectivité lui est indispensable. « Il ne doit pas considérer l'implantation d'une centrale comme un simple projet d'occupation du sol, mais comme un véritable projet d'aménagement du territoire. L'objectif est de créer de la valeur localement », insiste Michaël Grezes. Sa mission s'avère d'autant plus complexe que le nombre d'interlocuteurs augmente. « Dans les projets de parcs sur toitures, il peut y avoir plusieurs propriétaires et plusieurs locataires. Au développeur de trouver sa place, de se faire entendre », explique Fabrice Juquois. Il faut compter entre dix-huit et trente-six mois entre les demandes d'autorisation et l'exploitation effective d'une centrale. « Le délai de rentabilité d'une opération est long, ce qui en fait un métier de gestion du risque. » Risque amplifié par les évolutions rapides de la réglementation.