Je sais ce que vous allez penser... Elle a du culot ! Elle va nous parler de sécheresse alors que s'étale à la Une du magazine la photo d'un nageur plongeant avec délice dans une piscine... Oui je sais. Mais l'actualité est ainsi faite, pétrie de contradictions parfois, mais dont il faut tout de même parler.
« Nous sommes dans une situation de mois de juillet en ce qui concerne tous les indicateurs : nappes, débit et fonte des neiges », déclarait Nathalie Kosciusko-Morizet à l'issue de la Commission de suivi hydrologique qui se tenait le 16 mai dernier. Un mois auparavant, la ministre de l'Écologie avait déjà tiré la sonnette d'alarme insistant même sur le fait que nous étions déjà « en situation de crise et de gestion de crise ».
C'est désormais une chose certaine - ou presque - la sécheresse sera durable et nous risquons fort de nous retrouver dans la situation de 1976. Cette année-là, comme aujourd'hui, les réserves en eau des sous-sols étaient très faibles à cause d'un manque de précipitations à l'automne, période à laquelle habituellement les nappes phréatiques se remplissent. « Ces réserves ne se rempliront plus cette année, il va falloir se contenter de leur niveau actuel. Ce qui est préoccupant désormais, c'est la situation des sols superficiels qui correspondent aux deux premiers mètres de profondeur », expliquait un spécialiste de Météo France à nos confrères de L'Express.
54 départements, sur les 96 que compte la métropole, sont déjà concernés par les restrictions d'eau. Alors en attendant la pluie, ce qui de toute façon ne changera pas grand-chose, aux usagers (industriels, agriculteurs, collectivités et particuliers) de faire les bons gestes : récupération des eaux de pluie, réutilisation des eaux usées traitées, réduction des fuites sur les réseaux, baisse de la consommation. C'est aussi cela avoir une attitude citoyenne.