Journal des Communes : Les journées s'inscrivent autour d'une thématique principale : la compétitivité nationale des villes moyennes. Pourquoi ce choix ?
Bruno Bourg-Broc : La compétitivité n'est pas une préoccupation qui n'appartient qu'aux grandes agglomérations. C'est aussi l'affaire des villes de moins de 100 000 habitants, qui sont plus directement menacées par le manque de performances que les grandes villes. Les maires sont légitimement en droit de se poser la question des nouvelles stratégies à suivre dans une économie mondiale en mutation et dans un contexte national de réformes institutionnelles et fiscales. Le but de ces rencontres est de réfléchir ensemble à mieux s'adapter aux nouveaux liens entre les entreprises et les territoires pour définir des stratégies gagnantes de la croissance et de l'emploi.
JdC : Les élus ont-ils les moyens d'anticiper une altération des liens entre les entreprises et les territoires ?
B.B-B : Un des problèmes majeurs des entreprises est d'avoir une adéquation entre l'offre de formation et les besoins propres aux métiers. Dans ce domaine, il peut y avoir un travail commun entre les élus et les entreprises locales. L'offre de l'enseignement supérieur est primordiale dans ce domaine.
À Châlons-en-Champagne, j'essaye de diversifier l'offre et de m'appuyer sur les enseignements supérieurs ou les Instituts universitaires de technologie (IUT). Récemment, nous avons mis en place un département dédié aux carrières sociales dans notre IUT pour répondre aux besoins d'infirmières et de personnels hospitaliers dans notre région.
JdC : Comment les collectivités peuvent-elles intervenir pour permettre aux entreprises de se centrer sur les portions d'activités les plus créatrices de valeur ajoutée ?
B.B-B : Aussi choquant que cela puisse paraître, je pense qu'il n'est pas judicieux que les collectivités mettent la main à la poche pour aider des entreprises anciennes qui sont en concurrence directe avec des savoir-faire extérieurs, notamment ceux des pays en voie de développement. Il faut se concentrer sur les entreprises à valeur ajoutée. Pour cela, il est important de travailler en réseau et d'échanger les uns et les autres. La France regorge de savoir-faire comme les nouvelles énergies, l'agroalimentaire, la communication... Il faut continuer à encourager ces entreprises en créant des zones d'activités accueillantes.