Lorsqu'une équipe municipale décide d'équiper sa commune d'une piscine, plusieurs notions s'imposent, celles relatives aux attentes de la population, mais aussi celles du respect de l'environnement, de la qualité durable et de la maîtrise de l'énergie. Pourquoi l'énergie ? Tout simplement parce qu'une piscine est souvent l'équipement qui pèse le plus lourd dans le budget énergétique d'une collectivité.
Dans Piscines publiques - Guide technique réalisé par les associations des ingénieurs et techniciens territoriaux (ATTF-AITF), en collaboration avec EDF, de précieux conseils aideront les élus dans le montage de leur projet. « L'étude de faisabilité, située théoriquement au moins trois, voire quatre ans, avant l'ouverture de l'établissement, aboutit à une proposition correspondant au meilleur compromis entre les besoins à satisfaire (quelles cibles, sur quel territoire, quelle fréquentation prévisible), les objectifs voulant être atteints par la collectivité et les possibilités d'investissement affectés à l'opération », expliquent-ils en préambule. C'est donc à partir de cette proposition que la commune pourra lancer son projet. Il est en effet indispensable de prendre en compte l'ensemble des aspects fonctionnels, techniques et économiques pour guider le maître d'ouvrage, mais aussi pour éviter d'équiper la commune d'une structure mal adaptée au public ou financièrement ingérable à plus ou moins long terme. À cette étape préliminaire, il est fortement conseillé de faire appel à un cabinet d'études spécialisé qui apportera toute son expertise pour éviter les écueils.« La difficulté, lorsque la maîtrise d'ouvrage lance un projet de complexe nautique, c'est de maîtriser dès que possible le coût global. La pré-programmation a pour objet d'évaluer les budgets d'investissement et de fonctionnement », souligne le Guide (Op. cit.).
Investissement et fonctionnement
L'élaboration du dossier consacré à l'investissement et au fonctionnement doit prendre en compte plusieurs types d'estimations :
celle des postes d'investissement liés à la construction de l'équipement (maîtrise foncière, aménagements prévus, lancement de concours, sondages...),
celle des charges liées à l'exploitation de l'équipement en fonction (potentialités d'utilisation, types de charges découlant des conditions d'utilisation, dépenses d'énergie, de personnel, recettes...),
celle des recettes (droits et redevances...).
« L'évaluation budgétaire peut aussi intégrer une analyse des différents modes de procédures liés au lancement de la phase de concours (procédure classique de concours et de financement direct, procédure de droit privé dans le cadre d'une SEM...) ; mais aussi au futur mode de gestion et d'exploitation de l'équipement. La charge d'exploitation peut être perçue de différentes manières en fonction de mode d'exploitation choisi : régie directe, délégation de service public... »
Dans le cas particulier d'un projet de réhabilitation d'une piscine avec le développement de nouvelles activités, la démarche générale reste la même dans l'étude de faisabilité. Toutefois, la réalisation des diagnostics techniques et l'analyse des potentialités réelles de rénovation et de transformation de l'ouvrage constituent un préalable important de l'étude. Ceci permet de démontrer l'intérêt économique et l'opportunité de la rénovation par rapport à la construction d'un nouvel équipement.
Si l'étude est bien menée, le projet final sera adapté aux particularités locales et aux possibilités financières de la collectivité.