Pour éviter ces drames, il ne suffit pas d'accroître le nombre de maîtres-nageurs ou d'améliorer leur formation, il est nécessaire de les assister dans leur mission à l'aide de systèmes de surveillance et de détection modernes, performants et rapides.
Dans les piscines publiques, les maîtres-nageurs-sauveteurs doivent faire face à deux défis : assurer une surveillance permanente des bassins ; secourir le nageur en détresse en moins de 30 secondes afin d'éviter des séquelles irréversibles ou la mort. Depuis quelque temps maintenant, plusieurs piscines municipales (comme celle de Caluire-et-Cuire dans le Rhône) ont décidé d'opter pour le système Poséidon.
Des caméras subaquatiques et aériennes
Le système Poséidon est un système intelligent qui utilise une technologie exclusive de vision par ordinateur pour permettre une surveillance constante de la piscine. Le système est composé d'un réseau de caméras subaquatiques et aériennes de très hautes performances qui scrutent en permanence le volume d'eau des bassins et d'un système expert qui analyse en temps réel les trajectoires des nageurs. En dix secondes seulement, lorsqu'un nageur est immobile ou en difficulté en dessous de la surface, le système alerte les maîtres-nageurs par l'intermédiaire d'un bipeur ou d'un panneau d'affichage à LED et d'un poste-écran de surveillance.
Les images vidéo de l'incident et sa localisation sont immédiatement affichées (et enregistrées) en temps réel, sur le poste-écran de surveillance. Le système Poséidon n'a pas été conçu pour remplacer les maîtres-nageurs. Il a été créé dans le seul but de les aider à sauver des vies.
Comme on le souligne dans cette société : « Poséidon est un outil d'aide à la surveillance conçu pour assister les maitres-nageurs-sauveteurs, non pour les remplacer ou réduire leurs responsabilités ou leur vigilance. Poséidon ne sauve pas les personnes de la noyade - ceci est le rôle des maîtres-nageurs. En aucun cas, la présence ou l'utilisation de Poséidon ne doit être prétexte à diminuer la surveillance des bassins ou à modifier son organisation telles qu'elles sont requises par la règlementation ou l'usage courant. »(1)
Prévention des noyades
L'été approche et avec lui les vacances et les baignades à la mer, en rivière, en lac ou en piscine. Si vacances riment souvent avec insouciance, la baignade doit rester synonyme de vigilance. C'est pourquoi l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) rediffuse cette année sa brochure sur les différentes précautions à adopter : « Mode d'emploi de la baignade, pour un été en toute sécurité ».
En effet, chaque année de nombreuses personnes décèdent des suites d'une noyade accidentelle. Ainsi, en 2009, l'Institut de veille sanitaire (InVS) avait recensé 1 366 noyades accidentelles, dont 462 suivies d'un décès, soit près de 4 décès par jour. Au total, 98 jeunes de moins de 20 ans sont décédés, dont 39 enfants de moins de 6 ans (17 en piscine privée familiale).
Parmi les 1 366 cas de noyades, 782 ont eu lieu en mer (dont 188 décès), 239 en piscine (tous types confondus) dont 54 décès, 143 en plan d'eau, 151 en cours d'eau et 51 dans d'autres lieux (baignoires, bassins...).
En piscine, les enfants de moins de 6 ans se sont noyés parce qu'ils ont échappé à la surveillance de l'adulte et qu'ils ne savaient pas nager. En cours d'eau ou plan d'eau, les adultes se sont noyés à la suite d'un malaise, ou d'une chute en relation avec la consommation d'alcool, ou d'une activité dangereuse et/ou solitaire. En mer, les victimes de noyades étaient souvent des touristes de plus de 45 ans ayant un problème de santé.(2)