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L'homme qui met le feu aux poudres !

LA RÉDACTION, LE 6 JUIN 2011
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Entre le feu de la Saint-Jean d'un petit village et le grand rendez-vous du Trocadero le 14 juillet, un monde existe. Rencontre avec Fabrice Chouillier, directeur artistique de la société Prestatech-Artifices, qui, dans quelques semaines, tirera les Feux de Chantilly, dont il est à l'initiative du concept artistique, à partir des parterres Le Nôtre de la résidence des Condé. « Ces manifestations privées, d'envergure internationale, comme les Feux de Chantilly ou le concours de Cannes, sont l'opportunité pour les artificiers français de montrer leur savoir-faire. Depuis quelques années, nous assistons à une évolution dans les commandes publiques : les collectivités ne nous considèrent plus comme des vendeurs de poudre, mais bien comme les instigateurs de spectacles, qui proposent avant tout un concept artistique et du rêve. » En effet, derrière chaque feu, la collectivité parie sur l'image qu'elle souhaite véhiculer : à Paris par exemple, entre 6 et 700 000 personnes assistent chaque année au feu du Trocadéro, qui affiche un budget record en France : plusieurs centaines de milliers d'euros. La majorité des feux tirés en région parisienne, qu'ils soient à l'initiative de collectivités ou de commanditaires privés, notamment les agences d'évènementiel, affichent un budget moyen compris entre 18 et 20 000 euros. Certaines grosses sociétés se sont spécialisées dans les grosses productions, dont le budget dépasse 100 000 euros. C'est le cas de Prestatech-Artifices où officie Fabrice Chouillier. « Si de nombreuses sociétés sont aujourd'hui capables de répondre aux normes des petits feux, toutes ne sont en revanche pas capables de gérer un gros feu : la capacité à répondre à des contraintes règlementaires strictes peut avoir son importance dans la réponse à un appel d'offres », précise-t-il. Il en va de même des exigences toujours plus pointues des commanditaires de ces feux en matière artistique et scénographique. Une activité sous haute surveillance Le 31 mai 2010, sont entrées en vigueur les nouvelles lois qui régissent désormais le monde de la pyrotechnie. Celles-ci introduisent notamment des seuils de stockage et de transport de la matière active, qui induisent des nouveaux coûts, creusant alors les écarts entre les petites sociétés et celles capables de faire face à ces nouveaux frais. « Nous ne pouvons plus stocker sur un même site, ni transporter en une seule fois vers le lieu du spectacle, l'ensemble de la matière active nécessaire aux grands feux. Ces nouvelles lois demandent plus de rigueur, ce que nous ne pouvons regretter. Nous devons alors mettre en place une structure spécifique aboutie pour pouvoir opérer en respect de la loi. » De même, certains produits ne sont plus accessibles qu'aux professionnels ayant effectué un stage et reçu l'approbation d'une commission, orchestrée par le Ministère de l'Industrie. Une harmonisation à l'échelle européenne est actuellement en cours : le marché de la matière active est en effet depuis plusieurs années largement international. La majorité des produits aujourd'hui utilisés est produite en Asie. Ils offrent des tarifs moins élevés que les produits européens, mais s'inscrivent surtout dans une tradition du feu qui pousse les fabricants asiatiques, chinois surtout, à faire sans cesse évoluer les effets. De nouveaux motifs, des couleurs pastelles ont fait leur apparition récemment ; les tirs gagnent en précision. Pour autant, quelques unités de production résistent en Europe, notamment en Italie et en Espagne. En France, la fabrication de produits pyrotechniques est désormais anecdotique. Le 14 juillet 2011, Prestatech-Artifices tirera une vingtaine de feux à travers la France, pour le compte de collectivités très différentes les unes des autres. « Cette politique culturelle des villes françaises est une réelle chance, le marché de la pyrotechnie française est immense par rapport à celui d'autres pays européens », conclut Fabrice Chouillier. Et ce n'est sans doute pas un hasard si les pyrotechniciens du monde entier regardent avec beaucoup d'envie les festivals pyrotechniques français.


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