Marc Blachère, ancien journaliste, vient de mener une recherche sur l'histoire de l'usine des eaux de Choisy-le-Roi, l'une des plus grandes du genre au monde. Ce travail est publié sous la forme d'un Cahier de l'Association Louis-Luc pour l'histoire et la mémoire de Choisy-le-Roi. Dépouillant de multiples archives, il est parvenu à établir que la première « pompe à feu » installée à Choisy est entrée en service en 1861, il y a tout juste 150 ans. Telle est l'origine de l'usine actuelle. Acquise par la Compagnie générale des Eaux en 1867, cette usine « élévatoire » distribuait de l'eau de Seine brute. Elle deviendra usine « épuratoire » en 1896 à l'instigation des pouvoirs publics. C'est qu'entre temps, les travaux de Pasteur avaient révélé le rôle de l'eau dans la diffusion des épidémies de choléra et de fièvre typhoïde qui se succédaient. L'un des traits du travail mené par Marc Blachère est d'ailleurs qu'il ne se satisfait pas d'évoquer les développements de ce site industriel. Il donne à en comprendre le pourquoi et le comment. Sa chronique conte ainsi la rivalité entre la CGE et Haussmann qui aura d'importantes répercussions. Il insiste sur la transformation radicale des normes d'hygiène qui modifie en profondeur le rapport à l'eau et sa consommation. Il suit la lente montée de l'exigence des élus locaux d'exercer un contrôle sur le service de l'eau. Cela aboutira à la création en 1922, au terme d'un bras de fer de 15 ans avec la CGE, du Syndicat des communes de la banlieue de Paris pour les eaux, première dénomination de l'actuel Sedif. Cette recherche n'ignore pas les débats que continue de susciter la gestion de ce service public, ni les enjeux plus larges que cristallise l'accès à l'eau.