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Rétablir le dialogue

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2015
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La ministre de l'Écologie a lancé le chantier de la démocratie participative. La demande avait été faite par le président de la République, fin novembre, lors de la Conférence environnementale à la suite de la multiplication des contestations, de Notre-Dame-des-Landes à Roybon en passant par Sivens. Ces projets d'aménagement, qui ont pourtant suivi les procédures réglementaires existantes, opposent localement élus et citoyens. Cet affrontement symbolise la difficulté d'articuler démocratie représentative et démocratie participative. Le président de la Commission nationale du débat public (CNDP), Christian Leyrit, a reconnu lors d'un colloque en juin 2014 que « les processus de concertation ouverte en amont sont faibles alors qu'on a multiplié les procédures, les consultations obligatoires, procédures souvent formelles et de faible portée ». Et d'affirmer que « la légitimité d'une décision dépend moins de son contenu intrinsèque que des conditions de son élaboration ». Un sondage de juin 2014, commandé par la CNDP, montre une forte déception des citoyens à la fois sur le fonctionnement de la démocratie et sur la prise en considération de leur avis. Sur un sujet comme l'énergie par exemple, seuls 15 % d'entre eux ont le sentiment de pouvoir faire entendre leur voix. Ils réclament d'être sollicités et entendus. Mais s'ils ont conscience de la nécessité d'être mieux informés pour participer plus efficacement, ils expriment aussi des attentes de neutralité et d'indépendance, tant vis-à-vis des experts que des organisateurs du débat public. C'est dire qu'il va falloir inventer de nouvelles formes de participation qui puissent réconcilier citoyens, experts et décideurs politiques. Le ministère de l'Écologie parle de « moderniser les procédures existantes, sans les alourdir, et d'assurer la transparence du débat public, sans en allonger les délais ». Les premières propositions sont prévues fin janvier et pourraient être débattues et adoptées avant la fin de l'année. Et en effet, il y a urgence. À ce jour, on ne compte pas moins d'une centaine de projets fortement contestés sur le territoire. Entre les maîtres d'ouvrage publics ou privés qui voient leur chantier arrêté et les citoyens qui s'y opposent, le dialogue est devenu impossible.


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