Le procédé d'Ennesys, tout récemment mis au point, utilise des micro-algues - exposées au soleil -, les nutriments contenus dans les eaux usées et du CO2, prélevé par exemple à la cheminée des chaufferies municipales et favorisant leur croissance. « Le phytoplancton capte le carbone et les nutriments. En trois heures et trente minutes, il commence à se multiplier », décrit Pierre Tauzinat, président d'Ennesys. La récolte a lieu au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures. L'idée : valoriser l'enveloppe végétale des micro-algues dans une chaudière ou un méthaniseur, l'huile contenue dans le cytoplasme dans un générateur Diesel, et l'hydrogène émis lors du procédé dans une pile à combustible. Le système repose sur trois briques technologiques. La première consiste à morceler nutriments et bulles de CO2 jusqu'à des tailles nanomé-triques. La deuxième, à extraire l'hydrogène gazeux. « Lors de la photosynthèse, les molécules d'eau sont cassées. Nous savons former du dihydrogène en empêchant les ions hydrogène et oxygène de se recombiner », esquisse Jean-Louis Kindler, directeur général d'Ennesys. Par gravité, la troisième invention sépare l'huile de l'enveloppe végétale. Ennesys travaille avec quarante variétés d'algues. Le choix se fait selon la température ambiante et la composition des eaux usées. Le procédé serait plus efficace au printemps et à l'automne, quand il y a ni trop, ni pas assez de lumière. Mais l'objectif est de stocker l'huile pour lisser sur l'année la production d'énergie. Les premières constructions sont prévues pour 2013.