Alors que l’Europe cherche à accélérer sa souveraineté énergétique et la décarbonation des transports lourds et de l’industrie, le e-méthane s’impose comme une réponse stratégique. Produit à partir de la combinaison d’hydrogène renouvelable et de dioxyde de carbone (CO2), ce gaz de synthèse offre une alternative directe au gaz fossile sans nécessiter de modifier les infrastructures existantes.
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Installée sur le site de méthanisation d’Energia Thiérache dans l’Aisne, l’usine DENOBIO d’Enosis exploite un procédé de méthanation biologique. Aujourd’hui, les méthaniseurs français séparent le biométhane du CO2 biogénique, ce dernier (représentant 40 à 45 % du biogaz) étant généralement rejeté dans l’atmosphère. Enosis capte ce CO2 et le combine à de l’hydrogène issu de l’électrolyse pour le transformer intégralement en e-méthane. Résultat : une hausse de 70 à 100 % de la production de gaz renouvelable sur un même site, sans mobiliser le moindre hectare ni gramme de biomasse supplémentaire.
Une certification européenne exigeante
Prévue par la directive européenne RED III, la certification ISCC EU RFNBO (Renewable Fuel of Non-Biological Origin) atteste que l’e-méthane produit par Enosis réduit de plus de 70 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à son équivalent fossile et présente une intensité carbone négative. Enosis devient ainsi la 7ᵉ entreprise mondiale à décrocher ce sésame. Concrètement, cette certification permet d’émettre des preuves de durabilité (Proofs of Sustainability - PoS), véritables cartes d’identité du gaz renouvelable. Un partenariat a d’ores et déjà été conclu avec ENGIE, qui achète ces PoS pour alimenter son portefeuille en e-méthane français certifié.
Une solution d’avenir pour le système électrique et les réseaux
Le « Power-to-Méthane » offre également un débouché immédiat à l’hydrogène renouvelable et apporte une solution majeure au problème d’intermittence des énergies éolienne et solaire. En transformant le surplus d’électricité renouvelable en gaz stockable, ces installations renforcent la flexibilité du réseau. Selon Enosis, équiper seulement 13 % des 845 sites de méthanisation français d’ici 2030 permettrait de produire 5 TWh de e-méthane, soit près de 30 % de la production nationale actuelle de biométhane. Au-delà du secteur agricole, l’entreprise cible également les stations d’épuration (STEU) en partenariat avec la Saur, ouvrant la voie à une généralisation du gaz vert produit localement. « Cette certification constitue une étape majeure […]. Elle démontre que la méthanation biologique est désormais une solution industrielle mature, capable de transformer l’hydrogène renouvelable et le CO2 biogénique en un gaz renouvelable certifié. » Vincent Guerré, Président d’Enosis