Après un été marqué par de nombreux événements climatiques, France urbaine veut faire du budget 2027 un rendez-vous majeur pour les politiques locales de transition écologique. L’association, qui représente les grandes villes, métropoles, agglomérations et communautés urbaines, rappelle que les territoires urbains disposent de leviers importants en matière de mobilités, de rénovation des bâtiments, d’énergie, d’eau et d’aménagement. Selon les données citées par France urbaine, la France hexagonale s’est déjà réchauffée de 2,2 °C par rapport à l’ère préindustrielle et pourrait connaître une hausse de 4 °C d’ici 2100. Dans ce contexte, l’association estime que les collectivités doivent pouvoir maintenir et accélérer leurs investissements.
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Les investissements des collectivités en faveur du climat ont progressé de 18 % entre 2017 et 2023, selon le rapport annuel 2026 du Haut Conseil pour le climat cité par France urbaine. Mais cet effort reste insuffisant au regard des objectifs nationaux. D’après l’I4CE, les collectivités devraient plus que doubler leurs investissements pour atteindre 19 milliards d’euros par an d’ici 2030. Pour France urbaine, cette accélération nécessite donc un cadre financier permettant aux collectivités de programmer leurs projets sur le long terme.
Une pression financière sur les collectivités
L’association alerte toutefois sur la situation budgétaire des territoires. Selon elle, les collectivités font face simultanément à une baisse de certaines recettes, à une hausse de leurs charges et à une diminution des aides. Sur les deux dernières années, les lois de finances auraient ainsi représenté une facture nette cumulée de 7,8 milliards d’euros pour l’ensemble des collectivités. France urbaine souligne en particulier la situation des intercommunalités, qui supporteraient en 2026 la moitié de cette contribution alors qu’elles représentent moins d’un quart des dépenses de fonctionnement des collectivités. Cette pression pourrait avoir des conséquences directes sur les projets de transition écologique. 66% des collectivités interrogées par France urbaine prévoient ainsi de repousser ou de lisser leurs investissements, tandis que 20 % envisagent d’abandonner certains projets. Pour le budget 2027, France urbaine demande notamment que la contribution des collectivités au redressement des finances publiques soit proportionnée à leur poids dans le déficit public et répartie entre les différents niveaux de collectivités.
Les transports publics au cœur des enjeux
Autre priorité affichée par l’association : le financement des transports publics. Les autorités organisatrices de la mobilité doivent à la fois développer de nouvelles lignes, moderniser les réseaux existants, décarboner les flottes et participer au déploiement des services express régionaux métropolitains (SERM). Les besoins de financement dans ce domaine sont estimés à 34 milliards d’euros d’ici 2035. Dans le même temps, France urbaine rappelle que le plafond du versement mobilité applicable aux grandes autorités organisatrices hors Île-de-France n’a pas évolué depuis plus de quinze ans. L’association demande donc que les territoires qui le souhaitent puissent relever localement ce plafond, en concertation avec les employeurs concernés. L’objectif est de donner aux collectivités davantage de marges de manœuvre pour financer le développement des transports publics et favoriser le report modal.
Donner aux villes les moyens de s’adapter
Pour France urbaine, l’enjeu du budget 2027 dépasse donc la seule gestion financière des collectivités. Il doit permettre de maintenir leur capacité à investir dans l’adaptation au changement climatique et la réduction des émissions. « Adapter les villes à la chaleur et réduire leurs émissions exige de changer d’échelle », estime Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine. Pour l’association, les transports publics, la rénovation, l’énergie, l’eau et l’aménagement constituent autant de leviers sur lesquels les collectivités doivent pouvoir agir. Le budget 2027 sera ainsi, selon France urbaine, une échéance déterminante pour aligner les moyens financiers des territoires avec les ambitions climatiques nationales.