En trente ans, les conseillers en agriculture biologique (AB) se sont installés dans les chambres d'agriculture. Aujourd'hui, ils sont près de 250, soit 150 équivalents temps plein (ETP), à sensibiliser au bio les agriculteurs conventionnels et à prodiguer conseils individualisés et collectifs aux filières locales via des expérimentations techniques, des formations, l'élaboration de guides ou lettres d'information. Ils exercent en général leur mission dans l'un des huit secteurs de production traditionnellement suivis par les chambres. Mais leur activité n'est pas forcément to ta-lement consacrée au bio. Elle peut inclure du conseil en production conventionnelle ou sur des thématiques environnementales (eau, suivi du plan Ecophyto…).
« Nous sommes des conseillers généralistes
en lien avec les besoins de l'agriculture biologique, par nature diversifiée, avec une option technique », explique Séverine Chastaing, conseillère bio en arboriculture à la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne. « Nous tra vaillons d'ailleurs de manière totalement intégrée avec nos collègues des filières conventionnelles en production végétale. Car notre objectif est de créer des passe relles entre agricultures. C'est en sensibi lisant les agriculteurs conventionnels que l'on suscitera de nouvelles conversions au bio », juge Alain Lecat, conseiller bio grandes cultures à la chambre régionale d'agriculture du Nord-Pas-de-Calais et expert national sur les grandes cultures bio.« Notre réseau national bio s'appuie sur huit experts techniques nationaux, un par production bio, et s'organise autour de référents régionaux AB qui font remon ter les besoins en expérimentations et en formation », explique Nicolas Daspres, coordinateur du réseau à l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA). Séverine Chastaing est en charge du groupe technique régional en Aquitaine. « Avant d'intégrer la chambre, j'ai travaillé dix ans pour le développement de la filière AB, auprès des transformateurs et des agriculteurs. Cette expérience est un atout pour l'animation. » Dans l'Oise, Gilles Salitot est conseiller bio en grandes cultures 70 % de son temps, mission qu'il complète par du conseil en qualité de l'eau. Il coordonne aussi les actions du réseau en Picardie. « J'ai évolué en 2002 vers ce poste, après dix ans comme conseiller en phytosanitaires. Finalement, pour beau coup de conseillers, on peut aussi parler de conversion. » l