Pas plus de pesticides dans l'air des campagnes que dans celui des villes. C'est ce que met en évidence une étude, rare, réalisée par l'association de suivi de la qualité de l'air, Atmo Nord-Pas-de-Calais. Pour en savoir un peu plus sur les teneurs en pesticides de l'air, pour lesquelles aucune réglementation n'existe ni en extérieur ni en intérieur, Atmo a mesuré durant une semaine, en période d'épandage, 31 molécules (16 autorisées et 15 interdites) dans 20 exploitations agricoles de la région. « Les niveaux constatés à l'extérieur sont comparables à ceux des sites fixes urbains de Lille ou Saint-Omer durant les mêmes périodes », résume Emmanuel Verlinden, responsable étude chez Atmo. Autre résultat : les niveaux de pesticides dans les logements sont majoritairement supérieurs à ceux trouvés en extérieur. Ces niveaux restent cependant comparables à ceux trouvés dans des logements plus urbains dans d'autres études. Si ces conclusions peuvent paraître rassurantes, elles doivent être complétées par la nouvelle expertise menée par l'Inserm sur les effets des pesticides sur la santé. L'Institut de recherche rappelle qu'en milieu professionnel la voie cutanée reste la principale voie d'exposition (environ 80 %) et confirme un lien entre expositions et certaines pathologies. C'est le cas notamment du cancer de la prostate, des cancers hématopoïétiques et de la maladie de Parkinson. Enfin, l'Inserm pointe les dangers d'une exposition prénatale aux pesticides avec pour conséquences une augmentation significative des fausses couches et des malformations congénitales.