Un bloc en béton et miscanthus pourrait faire son apparition sur le marché français dans un ou deux ans. C'est en tout cas le sou hait d'Alkern et de Ciments Calcia qui ont développé ensemble un tel produit, allégé et biosourcé, dans le cadre de la structuration en cours d'une filière francilienne de valorisation du miscanthus. Le projet est coordonné par l'association Biomis G3 qui réunissait récemment ses nombreux partenaires pour dévoiler les premiers résultats scientifiques et industriels. « Le projet s'appuie sur le programme de recherche de l'ANR Biomasse pour le futur, qui, avec un budget de 28 millions pour la période 2012 à 2020, vise, d'une part, à établir des filières locales de miscanthus au nord de la France et de sorgho au sud et, d'autre part, à sélectionner de nouvelles variétés de ces plantes adaptées aux usages souhaités », explique Hermann Höfte, coordinateur du programme à l'Inra. Deux voies de valorisation du miscanthus, plante vivace très peu gourmande en intrants et tolérant bien les terres polluées, semblent particulièrement prometteuses : intégré à du béton pour la construction et à des composites polymères pour la plasturgie. PSA, partenaire du projet, s'intéresse ainsi à ces plastiques allé geant la masse de 15 %. Reste donc à structurer cette ébauche de filière de l'amont à l'aval, en prévoyant notamment un engagement contractuel de long terme entre agriculteurs et industriels. C'est en tout cas sur des terres polluées et délaissées de la commu nauté d'agglomération des 2 rives de Seine (Yvelines), une des deux collectivités partenaires de la filière avec celle de Marne et Gondoire (SeineetMarne), qu'a lieu sa première déclinaison concrète, avec la plantation prévue de 24 ha de miscanthus d'ici à 2015 dans le cadre du projet Cœur vert.