P our compenser son empreinte carbone, Nespresso n'y va pas avec le dos de la cuillère à café ! D'ici à 2020, l'entreprise plantera dix millions d'arbres près des champs de café de ses producteurs. Dont quatre millions pour commencer chez les milliers de fermiers qui l'approvisionnent en or noir en Colombie, au Guatemela et, dès l'an prochain, au Mexique, Costa-Rica, Sud-Soudan, en Éthiopie et en Inde. Ce qui pourrait paraître comme une simple opération de re boi sement est en fait un ambitieux programme mêlant commerce équitable, approche carbone et agroécologie. C'est Tristan Lecomte, fondateur d'Alter Éco et de Pur Projet, qui l'a conçu sur mesure pour Nespresso après deux ans de pourparlers. « Des emplois vont être créés dans les coopératives car ce sont elles qui supervisent les plantations, explique-t-il. Bois et fruits les aideront à diversifier leur production et à augmenter leurs revenus. Les 100 tonnes de carbone absorbées pour chaque série d'arbres plantés autour des parcelles seront comptabilisées. À la différence d'autres programmes, un suivi dans la durée sera mis en place grâce à des moyens modernes de géolocalisation et des relais locaux. » Mais compenser n'est pas le seul but, la restauration écologique est aussi au menu. Car les arbres ne seront pas plantés au hasard, mais là où la nature en a le plus besoin, pour lutter contre l'érosion des berges (reconstitution des ripisylves), faciliter la pollinisation (haies mellifères), réparer les dégâts liés à l'éle v age près des champs (sylvopastoralisme) ou combler les carences des sols en azote. « Les résultats de ces chantiers agroforestiers sont nets et, en plus d'acheter du café, Nespresso génère ainsi des services écosystémiques en faveur de l'eau et de la biodiversité. »