La préfecture de Bretagne a publié, le 30 juin, un arrêté organisant « le ramassage des algues dans le rideau d'eau par des véhicules motorisés » dans les Côtes-d'Armor et dans le Finistère. Quelques jours avant, huit associations locales avaient quitté la réunion du comité de suivi pour manifester leur mécontentement vis-à-vis du projet d'arrêté. Celui-ci autorise temporairement le ramassage des algues sous plusieurs conditions : profondeur d'eau inférieure à 1 m, limitation à 2 % du taux de sable prélevé… Quatre baies sont concernées : Douarnenez, où les études réalisées en 2013 par le parc marin d'Iroise ont montré des impacts significatifs, Guisseny, Saint-Brieuc et Saint-Michel-en-Grève. Un bilan des effets sur la ressource benthique et l'avifaune devra être présenté… par le bénéficiaire de l'autorisation ! Ce dernier est la société Agrival, dont le partenaire Olmix a inauguré en 2013 une raffinerie valorisant les algues. Après ce bilan, les communes pourront rendre un avis sur les suites à donner. Déjà, certains élus concernés ont fait part de leur désaccord, à l'instar de Lannion-Trégor communauté. Quant à la Région Bretagne, elle n'a même pas été consultée. Les associations de protection de l'environnement dénoncent de leur côté un paradoxe et une grave entorse au plan algues vertes. « On ne peut pas à la fois vouloir éradiquer et valoriser une même ressource. Non seulement l'industrie agroalimentaire ne participe pas au financement du plan algues vertes, mais en plus elle va en faire un business ! En outre, il est montré que la coupe des algues favorise leur prolifération », s'étrangle Jean-François Piquot, d'Eau et rivières de Bretagne. L'association a donc décidé de diffuser publiquement le rapport d'évaluation du volet préventif du plan 2010-2015, remis au gouvernement. En tirant un bilan en demi-teinte, il propose de prolonger le plan d'un an. SL