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n démonstrateur d'une zone d'activité de l'après-pétrole. » Ségolène Royal place la barre haut pour la reconversion d'un site longtemps emblématique des grandes heures de l'or noir… puisqu'il s'agit de la raffinerie de Reichstett, au nord de Strasbourg, vaste de 450 hectares. L'État y met quelques moyens : via l'Ademe, il a attribué, début septembre, une subvention de 3 millions d'euros pour les travaux de mise en sécurité que réalisera la société Brownfields. Celle-ci a repris pour l'euro symbolique le site exploité jusqu'en 2011 par le groupe Petroplus, qui a depuis fait faillite. « Sans un opérateur comme nous, l'État se serait retrouvé à devoir gérer un site orphelin », souligne Patrick Viterbo, président de Brownfields qui s'est fait une spécialité de la transformation de très grandes friches industrielles en France. À Reichstett, les premiers chantiers ne sont qu'un hors-d'œuvre. Trente millions d'euros seront nécessaires au nouveau propriétaire pour engager, début 2016, le désamiantage des derniers bâtiments et leur démolition, puis le traitement de 80 hectares de sols pollués aux hydrocarbures. Une surface correspondant à l'emprise qu'il réaménagera à partir de 2017 en multiples parcelles pour l'implantation d'entreprises artisanales, industrielles et logistiques. Pour réunir les fonds, Brownfields s'entoure de partenaires publics et privés, dont la Caisse des dépôts. Et revend pour 8,4 millions d'euros les 370 hectares « propres » aux collectivités locales afin qu'elles les classent en zone naturelle ou en réserve foncière pour l'activité économique.