À Évreux, l'équipementier automobile Faurecia aide une start-up du vélo à s'installer et s'industrialiser. En contrepartie, celle-ci s'engage à reprendre la moitié des effectifs du site en difficulté.
Plutôt que de condamner son unité ébroïcienne de fabrication de textiles acoustiques pour l'automobile, Faurecia a pris le parti, audacieux, d'une reconversion économique en s'alliant à un partenaire d'un autre monde, la PME bordelaise Terranere, créée en 2011 par… des fans de vélo ! « À Bordeaux, nous étions quatre ; aujourd'hui, nous sommes dix fois plus, raconte Élodie Bernard, chez Terranere. Notre projet de développement a été présenté à Faurecia, qui nous a accueillis, non sans quelques doutes, sur son site en difficulté. Ils ont apporté 2 millions d'euros, des moyens industriels et logistiques ; en contre-partie, nous promettons d'embaucher d'ici à l'automne la moitié de leurs 97 salariés. Faurecia décroît à mesure que Terranere grossit. » Et pour grossir, ce petit équipementier pour cycles, qui prévoit de passer la barre des 7 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015, mise sur l'international, surtout la Chine et l'Inde. Il fournit déjà des fabricants européens, principalement allemands et néerlandais. De petits composants innovants, sur lesquels les anciens de Faurecia ont dû se faire la main. « Les assembleurs doivent s'adapter au travail de petites pièces et sont formés en conséquence. Changer de métier n'est pas simple pour eux, mais notre esprit de start-up, sans hiérarchie pesante, facilite le dialogue et les rassure. Leurs responsables qualité nous ont aussi aidés à forger une méthodologie adaptée à un tel revirement. Un transfert de compétences bienvenu, qui nous aide au final à monter en puissance. » Et à convertir en douceur ce site de l'auto au vélo.