C'est un drôle de mariage à cinq qui rassemble trois entreprises, McCain, Randstad, et E. Leclerc Templeuve, et deux autres partenaires, les Banques alimentaires et le Gappi, un groupement d'agriculteurs. Un mariage de cœur sur un projet fou de création d'une entre-prise de fabrication de soupes à partir des 25 % de récoltes écartés de la vente pour délit de sale gueule. Chaque partenaire a mis 100 000 euros sur la table pour monter la ligne de production et assurer la trésorerie de la première année de fonctionnement. Mais l'investissement n'est pas que financier et chacun donne son coup de pouce. « Nous louons 220 m² dans les locaux de Leclerc qui achète toute la production pour la vendre dans ses magasins de la région. Et nous employons quatre opérateurs, des chômeurs de longue durée, qui bénéficient d'un contrat de qualification professionnelle d'un an et sont accompagnés dans leur parcours par Randstad vers un emploi pérenne », explique Michaël Mottet, le directeur de Bon et bien. Au menu, carottes, pommes de terre, endives, oignons, betteraves et fraises vont se transformer en soupe sans conservateurs ni colorants sur la base de recettes originales concoctées par deux chefs de la région. « Avec 80 000 litres de soupes par an, nous serons à l'équilibre. Les futurs bénéfices serviront à rembourser les apports de nos partenaires et à investir dans le développement de l'outil de production », projette le directeur, qui rêve déjà d'employer vingt personnes sur un site régional et d'un site de vente en ligne. Mais il a déjà réussi à séduire la restauration collective grâce à un test de Sodexo.