Et de trois ! En aval du Drac, deux centrales au fil de l'eau turbinaient jusque-là des eaux restituées en fin de course à cet affluent de l'Isère via un canal dit de fuite. Un rejet au Drac synonyme de potentiel hydraulique pour EDF, mais à exploiter sans faire de vagues. Soulignant sa « modestie », du fait qu'il mobilise « une chute d'eau existante, aucune nouvelle emprise foncière et un espace déjà perçu comme étant à usage industriel », la commission d'enquête publique avait donné son feu vert à une troisième installation, d'une puissance totale de 2,2 MW, en plein cœur d'Échirolles.
Discrètes et peu visibles de l'extérieur, ses turbines ont été conçues sur-mesure pour l'exploitation de basses chutes d'eau. L'ensemble ayant nécessité peu de génie civil, les impacts environnementaux et le budget s'en trouvent allégés. Un obstacle, tout de même : le chantier a imposé le déplacement d'une piste cyclable très appréciée des riverains.
Pour 8,7 millions d'euros d'investissement donc, EDF parie sur une technologie en vogue, les turbines VLH (Very Low Head, très basse chute). « C'est une filière émergente et innovante en laquelle on croit, fondée sur une technologie maîtrisée par une entreprise aveyronnaise, MJ2 Technologies », explique Stéphane Toletti, directeur du Groupement d'exploitation hydraulique Ecrin-Vercors, une filiale d'EDF qui gère déjà plusieurs barrages de l'électricien. Disposés côte à côte – ce qui techniquement représente une première –, les générateurs turbineront un débit de 75 à 80 m3 par seconde. L'intégration paysagère de la centrale, située à deux pas d'une zone commer ciale et du quartier populaire de la Viscose, a été soignée, avec l'appui de spécialistes et de simulations 3D.
« Pour alléger un peu plus l'impact du génie civil sur l'environnement, les piliers sont discrets, le bâtiment d'exploitation semi-enterré et recouvert d'une toiture végétale, qu'il est prévu d'entretenir. À cela s'ajoutent des éléments d'empierrement recréant une impression d'enrochement et redonnant un certain caractère naturel au site », ajoute Stéphane Toletti. Enfin, comme les turbines tournent, en raison de leur conception, très lentement, les dégâts sur la faune piscicole, peu dense d'ailleurs à cet endroit, devraient être réduits. Une compatibilité environnementale qui intéresse grandement EDF.MB