Comment savoir si l’or a été extrait dans les règles de l’art, ou s’il provient de l’orpaillage illégal ? A l’œil nu, c’est impossible. Mais en combinant plusieurs méthodes scientifiques d’analyse (microscopie optique et électronique, rayons X), il est possible de vérifier la méthode d’extraction du précieux métal.
Cette méthodologie a été développée par le BRGM à la demande du WWF via le projet Tao. Elle devrait permettre de déterminer l’origine de l’or commercialisé. En Guyane, le gisement potentiel en or est estimé à 200 tonnes. La filière légale en extrait entre 1 et 2 tonnes par an, sans utiliser de mercure. Ce qui n’est pas le cas des 10 tonnes par an extraits par l’orpaillage illégal.
Les essais ont été menés sur une trentaine d’échantillons des plusieurs sites, et des produits différents. Ainsi, le microscope optique permet de savoir si le grain d’or vient d’une rivière (forme arrondie), d’un filon souterrain (faces planes), et s’il a été en contact avec du mercure (bordure en chou-fleur). L’analyse des inclusions minérales permet de déduire leur région d’origine, et parfois jusqu’au site même d’extraction. Après avoir développé cette méthode, le BRGM l’a testée sur cinq échantillons sans indication d’origine. Résultat : les provenances ont été identifiées avec succès ! Cette méthode pourrait donc permettre de développer une garantie d’origine pour l’or, et d’être utilisée dans les enquêtes judiciaires concernant l’orpaillage illégal.
Ce projet d'un budget de 200 000 euros a été financé à 70 % par un projet Feder.Albane Canto