Comment sortir par le haut des querelles entre les institutionnels, les associatifs, les pêcheurs, les scientifiques et les propriétaires d'ouvrages présents sur les milliers de cours d'eau français ? Et comment rattraper le retard pris dans la restauration des continuités écologiques aquatiques ? « Il y a une urgence à trouver une solution ! » presse le député de Haute-Loire Jean-Pierre Vigier. Avec son homologue de la Sarthe, Françoise Dubois, ils ont enchaîné entrevues et déplacements pour en tirer des recommandations. Qui ne font pas dans la dentelle : au classement actuel des cours d'eau en deux listes selon leur état écologique, avec des contraintes qui s'ensuivent pour mettre aux normes les ouvrages, ils proposent en guise d'alternative d'agir d'abord là où des poissons migrateurs sont menacés d'extinction. La cause est en effet commune, moins sujette que d'autres à des réticences. « Et ce d'autant que les pertes de retombées économiques dues à l'extinction de ces grands migrateurs sont connues et chiffrées », insiste le parlementaire. Et d'ajouter, devant une commission de l'Assemblée nationale, que multiplier les passes à poissons inefficaces ne sert à rien et qu'il serait préférable d'améliorer en priorité la qualité des eaux de ces rivières, après un état des lieux, un chiffrage et un financement public. Françoise Dubois veut, pour sa part, mieux informer les élus locaux, scolaires et habitants des bénéfices tirés localement d'une amélioration des continuités écologiques. Elle suggère que l'Onema assure des formations et que les notaires informent les acquéreurs d'ouvrages de type moulins. Quant aux agences de l'eau, elles pourraient gérer une base de données qui reste à créer pour valoriser les bonnes pratiques de restauration et les investissements dans le domaine. MB