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BIODIVERSITÉ

UNE SOLUTION VERTE POUR TRAITER LES REJETS URBAINS PAR TEMPS DE PLUIE

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2016
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Entre 2009 et 2012, Epur Nature, entreprise spécialisée dans l'élaboration de dispositifs de traitement des eaux usées par filtres plantés de roseaux, a participé au projet Segteup (Systèmes extensifs de gestion et de traitement des eaux urbaines de temps de pluie) porté par l'Irstea et financé par l'Agence nationale de la recherche (ANR). Ce projet, qui associait la société d'ingénie rie Sint, l'Insa de Lyon et le Grand Lyon, s'est donné comme objectif d'optimiser le procédé extensif de traitement par filtre planté de roseaux pour le traite-ment des eaux pluviales. La collectivité, maître d'ouvrage de l'opération, cherchait à s'équiper d'un traitement pluvial en sortie de déversoir d'orage pour réduire l'impact des réseaux unitaires sur le milieu récepteur. Elle voulait aussi pouvoir augmenter les déversements dans les zones périurbaines où des surfaces pour la construction de nouvelles stations de traitement des rejets urbains par temps de pluie sont disponibles. Cela permet de soulager les réseaux engorgés dans les zones plus densément urbanisées en aval. C'est dans ce cadre qu'Epur Nature, accompagnée par Sint, a conçu et réalisé pour la première fois un filtre planté de roseaux sur un déversoir d'orage. Un filtre de 500 m2 a été mis en service en janvier 2012 à Marcy-l'Étoile (69), pour traiter 1 200 m3 en pointe, soit 2,4 m3 /m2 . Comme sur les filtres plantés de roseaux pour les eaux usées, la filière Hydr'Epur repose sur une culture fixée sur support fin dans laquelle s'opère une épuration biologique grâce aux bactéries fixées sur les granulats du filtre. Elle est composée d'un filtre vertical qui stocke les eaux à traiter en surface. Le filtre dispose d'une hauteur de revanche (marnage) de 1,80 m maximum permettant de stocker des pluies importantes. Les matières en suspension sont retenues en surface du filtre, tandis que la pollution dissoute est traitée par percolation verticale au travers du massif filtrant planté de roseaux. En sortie, un regard de régulation de débit permet de maîtriser le débit de restitution dans le milieu récepteur en jouant le rôle de bassin tampon et d'assurer le traitement de l'effluent en limitant la vitesse de passage au sein du massif filtrant. Afin d'éviter un colmatage lors des déversements fréquents, la surface des filtres peut être divisée en deux casiers pour aménager des périodes de repos d'un casier à l'autre. En fond de filtre, une réserve hydrique garantit la survie des roseaux en période sèche. En outre, si le dénivelé est suffisant entre la cote d'arrivée du réseau et la cote du rejet (environ 2,5 m), la filière fonctionne sans énergie. Après plus d'un an de prélèvements réguliers et d'analyses effectués par l'Irstea, les performances observées à Marcy-l'Étoile sur la pollution particulaire se sont avérées bien supérieures à celles relevant de techniques de décantation classiques, et ce, sans ajout de réactifs. Les concentrations de l'eau en sortie de station restent ainsi toujours inférieures à 35 mg/l en MES, quelles que soient les concentrations en entrée. Idem sur la pollution dissoute (hydrocarbures, DBO, DCO) que la filière permet de traiter avec des concentrations inférieures à 125 mg/l de DCO en sortie, ce qui n'est pas possible avec les procédés de décantation classiques. Lorsque des performances sur l'azote ammoniacal sont requises, un niveau de rejet de 5 mg/l (NH4 - N) peut être garanti moyennant la mise en place d'un matériau filtrant spécifique. En outre, selon les estimations du Grand Lyon, un prétraitement et un bassin d'orage conventionnel engendrent des coûts d'exploita tion deux fois plus élevés que la gestion d'un traitement par filtre planté de roseaux. La solution végétalisée est plus simple et plus fiable, car elle ne nécessite ni pompage ni nettoyage. Epur Nature recommande de ne pas faucarder les roseaux du filtre, un simple arrachage des ligneux (pied et racines) suffit. Un curage de boues accumulées sur la surface de filtres est à prévoir tous les dix à vingt ans ; le retour d'expérience permettra d'affiner ces fréquences. Comme tous les filtres plantés de roseaux, les stations Hydr'Epur s'intègrent très bien dans leur environnement, sans engendrer de nuisances olfactives et visuelles. À Marcy-l'Étoile, la station se trouve à moins de 50 m des habitations les plus proches. Cette première application de la filière Hydr'Epur aux sur-verses de réseaux unitaires montre un potentiel intéressant. Pour Epur Nature, qui avait développé la commerciali sa tion de sa filière sur le traitement des eaux pluviales strictes (effluent ruisselant sur les voiries, parkings et toitures) en alternative aux séparateurs d'hydrocarbures dès 2001, il est intéressant d'approfondir le cas des réseaux unitaires. Le projet Segteup est prolongé aujourd'hui par le projet Adepte (Aide au dimensionnement pour la gestion des eaux pluviales par traitement extensif), mené sur trois ans avec le financement des agences de l'eau et de nombreux partenaires techniques (Irstea, Cete Île-de-France et de l'Est, bureau d'études Megao…). Celui-ci vise à donner des clés de dimensionnement et d'exploitation pour le développement à grande échelle des filtres plantés en assainissement pluvial. Dans ce cadre, quatre collectivités (Grand Lyon, Metz Métropole, Sivoa et Unima) testent la filière et accompagnent la création d'un logiciel d'aide à la conception des ouvrages de la filière filtres plantés pour le traitement des rejets urbains par temps de pluie à destination du secteur privé et des donneurs d'ordres publics.


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