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Trois questions à Laurent Martin, directeur sécurité et environnement pour le Puy du Fou

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Trois questions à Laurent Martin, directeur sécurité et environnement pour le Puy du Fou
Par Propos recueillis par Hubert de Yrigoyen, le 31 juillet 2018
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En plus de la sécurité du Puy du Fou, deuxième parc à thème de France avec plus de 2 millions de visiteurs en 2017, Laurent Martin est responsable de la politique environnementale de ce site de plus de 400 ha placé au cœur du bocage vendéen. Une démarche de développement durable certifiée depuis 2012 par le label Green Globe et renouvelée chaque année. Retour d’expérience.


Parmi les 15 premiers sites touristiques français, le Puy du Fou a été le premier à obtenir la certification Green Globe en 2012. Pourquoi et comment vous êtes vous engagé dans cette démarche ?
 
Puy du Fou signifie "la colline des hêtres" (faou en breton) ; il est vrai que nous sommes implantés au cœur d’une forêt centenaire. C’est ainsi que dès la création du Grand Parc, en 1989, le respect de l’environnement et la préservation du patrimoine ont naturellement fait partie de nos préoccupations. Nous avons ensuite développé ce site et ses activités avec un certain "bon sens paysan", sans forcer la nature.
C’est seulement à partir de 2012 que nous avons formalisé notre engagement et notre démarche globale autour du développement durable en adhérant à la démarche de certification Green Globe. Au travers de plus de 350 critères, cette certification internationale s’adresse spécifiquement au secteur du tourisme et des voyages et recouvre les trois piliers – environnemental, économique, social – de la responsabilité sociale des entreprises (RSE).
Quand j’ai pris en main cette démarche je me suis rendu compte que nous travaillions déjà sur la majorité des thématiques du développement durable : la biodiversité de la faune et de la flore, la conservation des espèces, la gestion des bâtiments, l’eau, etc. Nous avons regroupé les thématiques et créé un comité de pilotage pour nous organiser, créer et pérenniser les bonnes procédures.
L’obtention de la certification Green Globe et son renouvellement chaque année nous permet d’être vraiment plus cohérents dans notre stratégie développement durable.
 
Quels exemples concrets pouvez-vous nous donner quant aux actions du Puy du Fou en faveur du développement durable ?
 
Notre engagement recouvre de nombreux domaines. Nous nous appuyons sur plusieurs grands axes :

    - La gestion des déchets : Notre politique de traitement des déchets requiert les mêmes coûts de fonctionnement qu’il y a 10 ans, alors que la fréquentation du parc est passée d’1,4 million de visiteurs a plus 2,2 millions. Ceci grâce au tri systématique des déchets, au plus près de la source, dans tous les services. Nous avons même notre propre déchèterie sur le site, avec une presse qui nous permet de conditionner les matériaux récupérés et d’améliorer leur valeur de revente aux différentes filières de recyclage. Cette valorisation – entre 60.000 et 80.000 euros – est réinvestie dans de nouveaux matériels de collecte, de tri ou de traitement.
 
    - La biodiversité : Le Puy du Fou a monté un conservatoire des animaux pour agir en faveur de la préservation d’espèces comme la vache Maraîchine, le baudet du Poitou, le porc de Bayeux, etc. Autre exemple, les oiseaux du spectacle de fauconnerie font l’objet d’un programme de reproduction et de réintroduction dans le milieu naturel. Nous participons ainsi à une dizaine de programmes en France (réintroduction du gypaète barbu dans les Pyrénées), en Argentine (condors), au Népal voire en Afrique du Sud.
Concernant la végétalisation du site, il faut savoir que la partie intégration paysagère des constructions est très forte sur les 400 ha du site, notamment dans la partie hôtelière ou les parkings. Nous gérons les espaces verts sans produits phytosanitaires. Par exemple, dans notre roseraie nous avons mis des nichoirs à coccinelle depuis une quinzaine d’année afin de lutter contre les pucerons.
 
    - La consommation d’énergie : Nous déposons environ 30 permis de construire chaque année. Concernant les espaces bâtis, nous travaillons beaucoup sur la gestion technique des bâtiments, avec un système centralisé qui nous permet une bonne maîtrise de la consommation. Par exemple, pour le chauffage, toutes les salles sont équipées de sonde de température et tous les radiateurs sont contrôlables à distance. Nous sommes aussi attentifs à la bonne orientation des bâtiments par rapport au soleil.
Nous avons étudié différentes pistes pour produire de l’énergie mais dans l’état actuel des choses aucune ne répond à nos exigences ou à nos contraintes. Nous avons par exemple travaillé sur la méthanisation, en nous appuyant sur l’exemple d’une centrale voisine, située aux Herbiers. Pendant un an nous avons mené une étude sur la quantification des différents intrants dont nous disposions : lisiers des écuries et des autres animaux, déchets issus de l’entretien des espaces verts et forestiers, biodéchets provenant des restaurants… Nous avons du y renoncer du fait que le site est fermé de novembre à avril et donc sans approvisionnement suffisant durant cette période. Nos fumiers sont donc valorisés dans des champignonnières saumuroises ou chez des producteurs de paille tandis que nos déchets verts sont compostés ou transformé en paillage dans notre déchèterie.
 
    - La gestion de l’eau : C’est une ressource précieuse tant pour l’arrosage des végétaux que pour les spectacles. Toutes les eaux pluviales reçues sur les bâtiments sont récupérées puis dirigées vers une série de bassins de lagunage positionnés en aval et en amont du site et qui communiquent les uns avec les autres. Leur niveau de remplissage est géré via des pompes. Cela nous permet d’être autonomes pour l’arrosage du site.
Par ailleurs, concernant l’assainissement, nous disposons de notre propre station d’épuration – dimensionnée à 7.000 EH – qui traite les effluents d’une population qui peut monter jusqu’à 25.000 personnes par jour.
 



La reconnaissance de la démarche environnementale du Puy du Fou contribue à sa notoriété en France et à l’international. Cette démarche est-elle facilement reproductible sur d’autres parcs et centres d’attractions ?
 
La problématique de la labellisation est plus largement examinée au niveau de notre syndicat, le Snelac - Syndicat national des espaces de loisirs, d’attractions et culturels. L’idée est d’amener un maximum de parcs français sur le sujet du développement durable. La difficulté est que les normes connues actuellement sont difficilement accessibles aux petits et moyens exploitants dans le sens où elles demandent une forte organisation, beaucoup de ressources, de temps et d’énergie pour répondre aux différents cahiers des charges. Beaucoup d’exploitants de parcs ne sont pas en capacité de répondre à ces contraintes. Pour leur permettre de s’engager dans cette voie de progrès, notre idée est de simplifier la démarche, avec la création d’une nouvelle norme par le Snelac, avec des niveaux d’engagement progressifs.
 
Crédit : DR
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