Sous l'impulsion d'Alexandre Marciel, élu toulousain en quête d'innovations environnementales, Toulouse va mener ce printemps une campagne d'analyse dans les eaux de la ville. Il s'agit d'identifier et de quantifier les principaux polluants de surface liés au ruissellement urbain grâce à un prototype de capteur passif conçu par le laboratoire IMRCP (interactions moléculaires et réactivité chimique et photochimique) de l'université Paul Sabatier. En fort développement en France depuis cinq ans, l'échantillonnage passif piège les polluants directement dans les eaux avec un aspect intégratif dans le temps, contrairement à l'échantillonnage actif basé sur des prélèvements. Les chercheurs toulousains ont utilisé un gel d'huile de tournesol microporeux. Le matériau assure non seulement l'accumulation des polluants organiques polaires (hydrocarbures, pesticides, etc.), mais également leur diffusion, évitant le recours à une membrane comme dans de nombreuses techniques (DGT, SPMD, POCIS). « Ce gel agit exactement comme une éponge », résume Jean-Christophe Garrigues, chargé du projet au laboratoire. Sous forme de pastille flottant à la surface de l'eau, grâce à ses propriétés hydrophobes, le « captogel » est sélectif d'un type de composé, selon la nature de l'huile végétale utilisée. Les échantillons recueillis seront analysés par chromatographie couplée à des tests toxicologiques.