Bilan d'étape : la France tient-elle le rythme dans le déploiement des énergies renouvelables ? Plutôt oui, selon la direction générale de l'Énergie et du Climat (DGEC). Pour les professionnels du secteur, « on peut dépasser les 23 % en 2020, mais on est parti pour faire moins », nuance Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Les deux camps se rejoignent sur un constat. Dans l'éolien, la France n'est pas sur la bonne trajectoire. « Avec le rythme actuel de 1 000 mégawatts (MW) par an, nous atteindrons 16 000 MW en 2020. Et non 19 000 comme prévu », concède Pierre-Franck Chevet, directeur général de la DGEC. En guise d'explications, le SER dénonce le poids de la fiscalité et des plaintes abusives. « Le rythme des permis de construire diminue. Sur les projets en cours, nous sommes au-delà des 35 % de recours. C'est considérable », s'inquiète Nicolas Wolff, président de sa branche éolienne. Le Syndicat prépare une étude pour comprendre les causes de cette dérive. Pour y remédier, l'administration compte sur le rapprochement de la législation éolienne avec le régime ICPE. La profession souhaiterait plutôt revenir sur les évolutions réglementaires du printemps 2010, ICPE et règle des cinq mâts en tête. Côté offshore, « le deuxième appel d'offres devrait arriver dans les deux ans », assure Pierre-Frank Chevet. Le SER préconise de le lancer sans attendre. « Des projets se perdent toujours en route », justifie Nicolas Wolff. Le SER craint surtout que les élections présidentielles de 2012 ne retardent la procédure.