La Semaine européenne de la mobilité, du 16 au 22 septembre, l'a confirmé : les Français demandent à être séduits par les solutions alternatives à la voiture individuelle. La démarche « Objectif CO2 » illustre le défi. Huit sociétés du transport routier interurbain de voyageurs ont signé, avec l'Ademe et le gouvernement, une charte d'engagements de réduction de leurs émissions de CO2. Un bien faible cru au regard des 3000 entreprises de la profession, mais un premier pas dans « un secteur où les PME sont nombreuses », souligne Xavier Lefort, directeur général délégué de l'Ademe. L'argument environnemental devient une question d'image face à « une attente forte des collectivités locales », témoigne Jean-Baptiste Maisonneuve, président d'Autocars Maisonneuve. Mais pour se distinguer, un exercice inédit de pédagogie reste à faire. Car c'est surtout les usagers qu'il faudra convaincre, une cible très diffuse. Le Gart (Groupement des autorités responsables de transport) et l'UTP (Union des transports publics et ferroviaires) ont commandé un sondage à l'institut TNS Sofres. Résultat : alors que pour les voyageurs le coût de la voiture est jusqu'à vingt fois plus élevé que les transports publics, seuls 14 % des Français en sont conscients. « Ce qui freine le report modal n'est pas le prix. Les attentes sont ailleurs : fréquence, ponctualité, information », réagit Michel Bleitrach, président de l'UTP. Conclusion similaire pour l'assureur Macif dans son baromètre de la mobilité durable : avoir une information en temps réel sur les modes alternatifs de déplacement arriverait en tête des mesures qui inciteraient les Français à les utiliser. L'argument vaut pour les transports en commun, comme pour l'autopartage et le covoiturage. « Nous voyons émerger une nouvelle ère de la mobilité à la demande », analyse Philippe Guillemot, directeur général d'Europcar, qui a réalisé sa propre étude avec Ipsos. Et une offre participative, ajoute le ministère de l'Écologie : « La mobilité 2.0 est en
marche », signale Nathalie Kosciusko-Morizet. Le ministère annonce avoir mis en ligne, sur sa page Facebook, un guide des applications mobiles spécialisées. Il invite les internautes à l'enrichir. L'exercice de séduction sera en grande partie numérique.