Doit-on encore parler de transports collectifs ? La question se pose tant l'individu était au centre des rencontres nationales du transport public, du 12 au 14 octobre. « L'usager a de plus en plus envie d'être acteur de son déplacement, car il a une grande exigence de fluidité de bout en bout de son trajet », note Christian Cochet, directeur général adjoint de SNCF Proximités. Incontestablement, le transport public fait route vers l'intermodalité. Ou comment offrir, avec un titre de transport unique, l'accès à des offres aujourd'hui disjointes : train, bus, tramway, mais aussi vélo, autopartage, stationnement... Autrement dit, permettre à chacun de choisir des modes de déplacement adaptés à ses besoins. La profession mise sur le NFC - Near Field Communication - un standard de communication sans contact. Déjà, ce type d'échange de données existe entre des badges et des bornes à l'entrée des métros et des bus. Demain, il pourrait permettre l'achat d'un titre de transport avec un téléphone portable. Et « la mise à disposition d'informations au plus proche de l'usager », se projette Jean-Philippe Lally, directeur général de la Compagnie des transports strasbourgeois. Exemple : l'état du trafic en temps réel, via des « étiquettes communicantes » sous les abribus. Le rendez-vous strasbourgeois a été l'occasion de lister les conditions nécessaires. D'abord, une interopérabilité régionale, voire nationale. « Il faut un référentiel technique et des certifications », pointe Yves Krattinger, président de l'Agence française de l'information multimodale et billettique. Autre passage obligé, répartir les coûts entre des acteurs... aux intérêts divergents. « Ces missions doivent se faire dans un cadre d'intérêt général, avec une maîtrise publique », insiste Pierre Mathieu, vice-président de la Région Champagne-Ardenne. Les élus redoutent l'appétit des géants de la téléphonie et de l'informatique, et un risque de fracture numérique. « Une partie de la population ne se sent pas concernée par ces technologies. Il faudra y être attentif », note Christian Cochet. Le bon vieux ticket en papier n'est pas encore mort.