Une microtechnique d'échantillonnage passif à la périodicité contrôlée : c'est le paradoxe résolu par Dan Angelescu, enseignant-chercheur spécialisé en microtechnologies au sein de l'ESIEE (université Paris-Est). « Un liquide soumis à une certaine pression progresse à débit contrôlé dans un capillaire, et remplit une première cavité. La pression exercée par le liquide est alors transmise à une membrane, puis à une seconde, qui se rompt, autorisant ainsi la prise d'échantillon », explique Dan Angelescu. La périodicité de la prise de l'échantillon est contrôlée via la viscosité du liquide et la taille du capillaire. Elle peut varier entre un prélèvement toutes les minutes ou une fois par semaine. Ce procédé, breveté, est désormais validé au niveau du laboratoire. Le chercheur travaille maintenant sur un premier prototype miniaturisé. La version commerciale, prévue pour fin 2012, proposera plusieurs volumes d'échantillon. Une fois prélevé, il pourra soit être analysé ultérieurement, en laboratoire, soit in situ. Pour cela, deux pistes sont explorées : analyse colorimétrique et par des Mems (micro-électro-mechanical systems). « Dans un premier temps, nous proposerons des analyses colorimétriques par des moyens optiques à bas coût tels que la mesure du pH, du chlore, des nitrates ou encore des métaux lourds », précise Dan Angelescu. Mais le chercheur veut aller plus loin avec l'analyse via des Mems, ces microstructures en silicium, de l'ordre de quelques micromètre, déjà utilisées pour fabriquer des capteurs à bas coûts. Il serait ainsi possible de quantifier les bactéries présentes dans l'échantillon. Dans les deux cas, la consommation énergétique sera très faible. Le chercheur vise les marchés de l'eau - de l'usine de production en passant par le réseau de distribution, les stations d'épuration, ou la surveillance en milieu naturel. Pour cela, une société, nommée Fluidion, devrait être créée au cours de l'année 2012.