Durant les prochains mois, quelles seront les priorités du consortium ?
Depuis trois mois, le consortium travaille sur l'acceptabilité locale. Nous allons accélérer le mouvement. Le consortium a déposé deux dossiers : 480 MW à Saint-Nazaire et 500 MW à Saint-Brieux. En insistant sur la création de filières industrielles, la France prend de l'avance dans l'éolien offshore. Nous avons signé une lettre d'intention avec une vingtaine d'entreprises : 300 types de pièces peuvent être fabriqués localement. Désormais, ces industriels doivent nous rendre leurs copies. Nous allons échanger avec eux pour définir - si nous décrochons au moins un projet - de quels matériels ils auront besoin. Et à quel prix ils nous fourniront les pièces. Si nous sommes lauréats, nous entamerons les démarches pour installer un mât d'études, et préciser le potentiel productible des zones remportées. Des projets si vastes coûtent chers. Dans les 18 prochains mois, le consortium va investir 20 à 30 millions d'euros dans des études. Ma problématique n° 1 sera d'éviter les doublons.
Comment se différencier d'autres candidats ?
Nous sommes au début de la courbe d'apprentissage. Par exemple, nous ne savons pas encore si nous monterons le moyeu entier sur la nacelle des éoliennes. Ou si nous installerons d'abord le nez, puis les pales. Mais nous avons une bonne connaissance des deux zones où nous sommes candidats : vents, fonds sous-marins, courants, faune, acteurs locaux... Et nous avons répondu à l'appel d'offres avec des turbines Areva de 5 MW. Cette technologie a l'avantage d'être éprouvée. Technip apporte au consortium sa maîtrise des projets en mer et Neoen, son expérience sur les deux sites ciblés. De leur côté, Iberdrola et Eole-Res sont des spécialistes de l'éolien. Eole-Res exploite déjà un parc de 400 MW offshore et développe pour 5 000 MW de projets au large du Royaume-Uni. Quant à Iberdrola, nous avons gagné 12 500 MW dans le programme britannique. Iberdrola et Eole-Res développent aussi, ensemble, un parc de 2 000 MW au large des États-Unis.
Qu'attendez-vous de l'administration ?
Sa réponse pour la fin mars ou le début avril. Le temps presse. Pour chaque site, Technip nous a dit pouvoir installer les cent fondations en un an. Mais déployer les éoliennes prendra probablement trois ans, car les interventions ne pourront avoir lieu qu'au printemps et durant l'été, à cause des conditions météorologiques. À l'échelle d'un tel projet, 2020 n'est pas une date éloignée.