Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
CLEANTECH

Le Lean & Green s'immerge en Alsace

LA RÉDACTION, LE 23 JANVIER 2012
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
Tout est dit ou presque dans les trois mots de l'appellation. La démarche « Lean & Green » ambitionne de combiner l'optimisation des lignes de production, vertu supposée du lean management, avec l'amélioration du bilan environnemental. Née en 2003 aux États-Unis, la démarche a été importée par Steelcase en Alsace, où le fabricant de mobilier de bureau possède une usine de fabrication. Avec l'agence locale de développement économique Adira, le groupe américain a convaincu six autres grosses entreprises implantées dans la région, Alstom, General Motors, Kraft Foods, Merck-Millipore, la Salm (Cuisines Schmidt) et Soprema. Elles ont chacune embarqué un ou deux de leurs fournisseurs locaux dans l'aventure. Au total, 20 entreprises ont expérimenté la démarche pendant un an, jusqu'à l'automne 2011. Elle a commencé par deux jours d'audit au cours desquels les consultants retenus ont décortiqué de A à Z une ligne de production « représentative » afin de traquer les sources de gaspillage. Pour le volet « green » : des consommations excessives d'énergie, d'eau ou de matières premières, l'insuffisance du tri ou de la valorisation des déchets, les déplacements superflus, les emballages, l'usage inutile de solvants. Les résultats ont été validés par des indicateurs de mesure de l'Insa, école d'ingénieurs strasbourgeoise. Le « Lean & Green » apparaît particulièrement intéressant pour les fournisseurs, des PME de moins de 100 salariés peu rompues à ce concept. « Il combine en une prestation les deux impératifs de performance économique et environnementale, une association devenue nécessaire pour se démarquer face à la concurrence low cost », estime Sébastien Leduc, conseiller développement à l'Adira. Chez le lorrain Verissima, façonneur de verre plat, la démarche a abouti à une révision profonde du procédé de production, à l'optimisation de la découpe réduisant les chutes de production et à la modernisation du chauffage, pour générer un gain de 50 000 euros, à comparer au chiffre d'affaires de 5 millions. Chez les cartonnages Dinéc, qui emploient 50 salariés à Ingersheim (Haut-Rhin), « cette démarche, que nous n'aurions pas engagée faute de temps et moyens, a fait gagner 15 % de productivité sur une de nos machines, à consommation d'énergie égale. Et elle a apporté un éclairage extérieur sur nos bonnes et moins bonnes pratiques », témoigne Thierry Bouge, son directeur commercial. Cerise sur le gâteau pour les PME, l'audit a été gratuit. Son coût unitaire de 5 000 euros a été financé aux deux tiers par l'État (Direccte) et la Région Alsace, et à un tiers par les donneurs d'ordres. Mais les grands groupes trouvent aussi largement leur compte. Steelcase a déniché des économies insoupçonnées d'éclairage dans ses ateliers de Wisches (Bas-Rhin). « Il nous importait de prouver la pertinence d'une initiative que nous voulions dupliquer aux fournisseurs », souligne Benoît Spatz, responsable du développement des fournisseurs. Même constat de Bruno Haan, responsable qualité fournisseurs de la Salm : « Alors que nous pratiquons le lean depuis plus de dix ans et que nous sommes certifiés Iso 14 001, la démarche a permis de repérer toute une série de points d'amélioration ». Chez Salm, l'audit a débouché sur vingt recommandations. Salm en a retenues seize et mises cinq immédiatement en oeuvre. L'action la plus marquante optimise le rinçage, réduit la consommation de laques et solvants sur le système de laquage manuel de la ligne de peinture. Elle procure une économie de 60 000 euros et évite le rejet de 48 tonnes par an de CO2. Le prestataire logistique de la Salm a aussi revu son schéma de circulation, la préparation des pièces et amélioré le tri et la valorisation des déchets. Au final, presque toutes les entreprises poursuivent, à leurs frais, les chantiers suggérés par l'audit. « À l'avenir, le volet "Green" pourrait gagner une place plus centrale », relève Michel Voinson, directeur technique chez Millipore. Pour poursuivre l'initiative en 2012, le groupe de pionniers souhaite se revoir au sein d'un club informel d'échanges d'expérience et accueillir d'autres fournisseurs. Voire transférer l'idée dans d'autres régions


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
fluiidd, la start-up provençale qui met les tuyaux à nu
fluiidd, la start-up provençale qui met les tuyaux à nu
Installations d’eau : la réparation et le réemploi s’imposent face au tout-neuf
Installations d’eau : la réparation et le réemploi s’imposent face au tout-neuf
Comment l’écoconception devient un moteur de compétitivité chez Endress+Hauser
Comment l’écoconception devient un moteur de compétitivité chez Endress+Hauser
De l’humidité à l’eau : Agua de Sol récompensée par l’UIE
De l’humidité à l’eau : Agua de Sol récompensée par l’UIE
TOUS LES ARTICLES CLEANTECH
Les plus lus